Lyon: Des femmes qui se sont portées volontaires pour dénoncer l’insécurité dans les bus

SECURITE Cinq femmes ont effectué des « marches exploratoires » réalisant un diagnostic sur l’insécurité dans les bus lyonnais, à la demande du Sytral, qui gère le réseau des transports en commun lyonnais…

Caroline Girardon

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Chaima, Pauline, Touroussi et Michèle se sont portées volontaires pour effectuer des rondes dans les bus lyonnais et dénoncer tout ce qui ne va pas, pointant notamment l'insécurité y régnant.
Chaima, Pauline, Touroussi et Michèle se sont portées volontaires pour effectuer des rondes dans les bus lyonnais et dénoncer tout ce qui ne va pas, pointant notamment l'insécurité y régnant. — C. Girardon / 20 Minutes

Leur trajet en bus ? Souvent un calvaire. Des regards insistants, des jeunes trop collants, des insultes et un sentiment d’insécurité permanent, surtout le soir.

Cinq femmes se sont portées volontaires pour effectuer des « marches exploratoires » sur le réseau des transports en commun lyonnais. Une opération initiée par le Sytral dans le cadre du plan de lutte contre les violences faites aux femmes.

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Samira, Pauline, Michèle, Touroussi et Chaima ont été chargées de réaliser un diagnostic sur le terrain. Etudiantes, retraitée, employée ou mère en recherche d’emploi, toutes utilisent régulièrement la ligne 7 qui relie le quartier de Bonnevay de Villeurbanne au Bourg de Vaulx-en-Velin.

De janvier à mars, elles ont donc emprunté cinq fois la ligne, de jour comme de nuit, prenant le temps de s’arrêter à chaque station et de se promener ensuite dans les ruelles desservies.

Un constat « brut de décoffrage »

Et le constat est sans appel. « Brut de décoffrage », résume Annie Guillemot, la présidente du Sytral. « Clairement j’évite de prendre cette ligne car elle craint, résume Samira. Mais ce n’est pas évident car lorsqu’on habite le quartier Saint-Jean de Villeurbanne, on n’a pas d’autres bus. Il n’y a pas de solution de repli ».

Pauline, étudiante, a souvent opté pour la marche, même tard le soir. « Ce n’est la solution idéale car je me suis retrouvée plein de fois à passer sous le pont de Cusset. Ce n’est pas éclairé et guère rassurant ».

Mais l’étudiante a fini par ne plus supporter la grossièreté de certains voyageurs. « On ne se sent pas à l’aise. On se fait régulièrement aborder par des hommes qui viennent nous tripoter. Quand ce ne sont pas des voitures qui nous attendent à la descente du bus ».

« Je me suis fait accoster plusieurs fois dans la rue par des conducteurs qui m’ont demandé de monter à bord et qui m’ont ensuite suivi pendant un moment », complète Chaima.

Manque d’éclairage

Toutes ses mésaventures ont été scrupuleusement consignées par les cinq volontaires qui ont également pointé bien d’autres dysfonctionnements. « Trente-deux arrêts sur 36 sont dépourvus d’éclairage. On est plongé dans le noir dès que l’on sort du bus. Ce qui accroît le sentiment d’insécurité », note Michèle. Sans oublier l’absence d’annonces sonores à l’intérieur du véhicule ou le manque de lumière, la saleté et le non-respect des horaires affichés.

« La plupart des bus sont équipés d’un système de caméra embarquée. Leur présence devrait davantage être mise en avant par l’affichage de panneaux », préconise Samira. « Elles auraient un effet dissuasif sur les jeunes ».

Des propositions prises très au sérieux par le Sytral qui a déjà remplacé deux bus des cinq de ligne 7 par des véhicules flambant neufs. Des travaux d’éclairage public ont également été entrepris sur certains secteurs. L’expérience ne s’arrêtera pas là. Des prochaines marches exploratoires débuteront en septembre sur la C14 reliant la Duchère à Vaise.