Grenoble: Deux ans de prison ferme requis contre le prêtre adepte de «massages sensuels»

JUSTICE Jugé en appel à Grenoble, l'homme a démenti les accusations de pédophilie portées à son encontre...

C.G. avec AFP
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Grenoble, le 2 novembre 2015
Illustration du Palais de justice / cour d'assises de Grenoble
Grenoble, le 2 novembre 2015 Illustration du Palais de justice / cour d'assises de Grenoble —

Cinq ans de prison dont deux années ferme ont été requis à l’encontre de Dominique Peccoud, prêtre jésuite accusé de pédophilie. L’homme était jugé mercredi à Grenoble.

Poursuivi pour atteintes sexuelles sur mineurs, le septuagénaire a démenti, ne reconnaissant que des « massages sensuels ».

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« Je n’ai jamais voulu avoir de contacts sexuels avec ces enfants. Ils me mettaient sur un piédestal, ils n’arrivaient plus à m’aborder avec la moindre simplicité. J’attendais (de ces massages) qu’on puisse avoir des relations plus simples », a déclaré à la barre le jésuite, ancien conseiller du directeur général du Bureau International du Travail (BIT) de 1996 à 2007.

Après de premières accusations contre lui, le religieux avait été contraint de se dénoncer, sur pression de sa hiérarchie, dans une lettre adressée au parquet en avril 2008.

En avril 2015, le tribunal correctionnel l’avait condamné à deux ans de prison avec sursis. Le parquet, qui avait déjà requis cinq ans de prison dont deux ans ferme, avait fait appel de cette décision générale.

« Réponses pitoyables »

Mercredi, l’avocate générale a requis la même peine qu’en première instance assortie d’une interdiction définitive d’exercer une activité en contact avec des mineurs.

« Caresser les testicules d’un enfant qu’on a baptisé, je ne pense pas qu’on vous l’enseigne dans vos pratiques religieuses », a relevé la magistrate, critiquant les réponses « pitoyables » du prévenu qui « accuse et dénigre les victimes ».

Nu dans le même lit que les victimes

Au total, les cas d’une dizaine d’adolescents de familles aisées ont été évoqués devant la cour d’appel de Grenoble. Il lui est essentiellement reproché des caresses, des attouchements, des massages sur des adolescents dont il partageait souvent le lit, nu, à l’occasion de vacances.

Le prêtre, doté d’un fort ascendant sur les enfants, leur proposait des massages après le ski ou le tennis, et en profitait pour leur toucher les parties génitales, selon les victimes.

« Hétérosexuel à fond »

« Cette pratique du massage, je ne pense pas qu’elle vienne des jésuites. Y a-t-il des gens que vous n’ayez pas massés ? », s’est étonné un magistrat.

Disant avoir « été éduqué en dehors de toute pudeur », le prêtre a seulement reconnu des « comportements décalés » et affirmé que sa lettre d’aveux avait été écrite « sous la contrainte » et ses propos déformés par son ancien avocat. Hétérosexuel « à fond », il a assuré n’avoir « jamais été attiré sexuellement par ces garçons ».

Aucune victime ne s’est portée partie civile au procès. Mais les débats ont longuement porté sur les accusations du neveu de Dominique Peccoud, Paul Chabre, 45 ans, qui accuse son oncle de multiples viols et agressions sexuelles dans les années 1980 et 1990. Ces faits sont toutefois prescrits.

La cour a mis sa décision en délibéré au 19 octobre.