Grenoble : Un tract « Wanted » lancé par LR contre les élus de gauche

POLITIQUE A Grenoble, l’opposition de droite attaque nommément les élus de gauche à propos de la gestion financière de la ville…

Olivier Aballain

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L'affiche polémique de LR à Grenoble
L'affiche polémique de LR à Grenoble — LR

Le tract polémique a été émis à 80.000 exemplaires par l’opposition LR de Grenoble. La droite iséroise attaque nommément 25 élus de gauche, sur une affichette qui les accuse d’avoir « ruiné Grenoble ». Surmonté d’un gros « Wanted » (recherchés), le tract reprend les codes des avis de recherche des criminels placardés dans le far-west.

Tract LR publié par oaballain

Dans un communiqué, la majorité municipale regrette une campagne qui peut « s’apparenter à un appel à la violence physique contre des élus de la République et participe encore un peu plus à l’hystérisation du débat public ». Ils dénoncent une « Trumpisation » des débats (référence aux dérapages du candidat Républicain Donald Trump lors de la campagne présidentielle des USA).

L’ancien maire Alain Carignon parmi les accusateurs

De son côté, la direction Les Républicains indique, sur son site internet, souhaiter simplement « que tous ceux qui ont à subir la dégradation de la ville (…), l’augmentation folle de toutes les taxes et redevances, sachent à qui ils le doivent ».

Cependant, parmi les 4 responsables du parti accusateur qui ont présenté le tract vendredi, figure un élu de droite qui a, lui, eu réellement maille à partir avec la justice, à savoir Alain Carignon. L’ancien maire de Grenoble a été condamné notamment à 5 ans de prison dont 4 ans fermes en 1996, dans une affaire de corruption et d’abus de biens sociaux commis alors qu’il dirigeait la ville.

Plan d’économies annoncé en juin

Aujourd’hui les dirigeants de LR dénoncent « l’impasse financière sans précédent » dans laquelle se trouve Grenoble « après 21 ans de gestion de gauche ». Ils s’appuient sur le fait que le Préfet et le directeur des services fiscaux ont « menacé la ville », en mai dernier, d’une mise sous tutelle.

Un plan d’économies de 14 millions d’euros sur 2 ans a effectivement dû être lancé par le maire Éric Piolle (EELV), qui inclut la suppression de certains services, dont deux bibliothèques de quartier.

Une orientation qui a été vivement critiquée, y compris à gauche : En juillet, des manifestants mécontents avaient même provoqué l’évacuation du conseil municipal, comme le montre la vidéo ci-dessous, publiée par France Bleu Isère.