Ligue Europa: Pourquoi Saint-Etienne craint les supporters du Beitar Jerusalem

FOOTBALL Entre 50 et 200 fans israéliens sont attendus ce jeudi dans le Forez pour le barrage retour de Ligue Europa face à l’ASSE. « 20 Minutes » vous explique pourquoi leur présence impose une vigilance particulière…

Jérémy Laugier

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Les supporters du Beitar Jerusalem ont encore marqué les esprits la semaine passée, lors du match aller, avec une banderole guerrière inspirée par le film «Scarface».
Les supporters du Beitar Jerusalem ont encore marqué les esprits la semaine passée, lors du match aller, avec une banderole guerrière inspirée par le film «Scarface». — AFP

Sportivement, l’ASSE a assuré l’essentiel la semaine passée en remportant son barrage aller de Ligue Europa (1-2) dans le bouillant Teddy Stadium de Jerusalem. Son match retour contre le Beitar Jerusalem, ce jeudi (20h45) dans le Chaudron, suscite finalement plus d’inquiétudes dans la ville et dans les tribunes que sur le terrain. 20 Minutes vous explique pourquoi la présence de supporters israéliens à Saint-Etienne, annoncée mercredi soir entre 50 et 200 par le club du Beitar, pourrait être un sérieux casse-tête.

Parce qu’ils se vantent d’être « l’équipe la plus raciste du pays »

Aucun joueur arabe n’a jamais évolué sous le maillot du Beitar Jerusalem dans toute l’histoire du club. Un cas unique dans l’élite du football israélien qui n’est pas dû au hasard. Certains groupes de supporters influents au Teddy Stadium sont des sionistes radicaux, surtout la Familia. Le millier d’hooligans ultranationalistes qui la compose affiche ouvertement sa haine au stade en multipliant les chants nauséabonds.

L’un d’entre eux est on ne peut plus clair : « Nous sommes l’équipe la plus raciste du pays. » La preuve ultime ? En 2013, lorsque la recrue tchétchène de confession musulmane Zaur Sadayev a marqué pour le Beitar, des centaines de supporters du club ont tout simplement quitté le stade. L’UEFA vient d’ailleurs de sanctionner le Beitar Jerusalem d’une amende de 62.000 euros pour le comportement raciste de certains de ses supporters le 28 juillet chez les Lettons de Jelgava.

Parce qu’ils font partie des hooligans les plus violents

Trois jours avant le match aller, 19 membres de la Familia ont été inculpés de tentative de meurtre et de délits racistes. Rien que ça. « Ils sont racistes. Ils nous ont parfois lancé des pierres sur le terrain. C’est comme la guerre », confie le défenseur arabe israélien Ala’a Abu Saleh, qui ne risque pas d’oublier ses venues au Teddy Stadium avec son ancien club de Bnei Sakhnin [vidéo ci-dessous].

La semaine passée, la banderole « War, don’t fuck with us » représentant Tony Montana, personnage culte du film Scarface interprété par Al Pacino, a donné aux Verts un aperçu des motivations de ces supporters si particuliers.

Parce qu’ils ont retourné le stade de Charleroi il y a un an

Les chants racistes constatés le mois passé lors du tour préliminaire de Ligue Europa en Lettonie sont dans la lignée de plusieurs précédents dans toute l’Europe. Le plus célèbre d’entre eux s’est déroulé en juillet 2015 à Charleroi (Belgique). Ce soir-là, les supporters du Beitar se sont distingués en lançant de nombreux fumigènes et projectiles en direction du but belge gardé par l’ancien gardien de Valenciennes Nicolas Penneteau.

Celui-ci a même saigné abondamment du visage après avoir reçu un boulon de la tribune israélienne. Des débordements qui avaient eu pour principale conséquence la démission du président du club Eli Tabib. « J’ai honte », avait-il alors déclaré. Sa décision avait même été accompagnée du retrait immédiat du sponsor principal du Beitar Itrader.

Parce qu’une manifestation contre leur présence aura lieu à Saint-Etienne

Au vu des gaillards d’extrême droite qui peuplent la Familia, il y a fort à parier qu’une confrontation avec des manifestants puisse les tenter. Ce jeudi à 17 heures, un rassemblement est justement organisé place de l’Hôtel de Ville à Saint-Etienne pour « s’indigner du maintien de ce club de football dans les compétitions internationales ».

On comprend mieux pourquoi la Préfecture de la Loire a opté pour un dispositif de sécurité « comparable à celui de l’Euro ». Des arrêtés ont notamment été pris pour interdire la vente d’alcool dans des bouteilles en verre autour du stade ainsi que les engins pyrotechniques dans toute la commune stéphanoise.