Ain: Un prisonnier accusé d'avoir fomenté un attentat se retrouve en détention classique

JUSTICE L’arrivée d’un détenu radicalisé dans la prison de Bourg-en-Bresse inquiète le syndicat pénitentiaire Ufap-Unsa qui dénonce cette situation…

G.D.

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Mur de la prison de Bourg-en-Bresse.
Mur de la prison de Bourg-en-Bresse. — TARDIVON JEAN CHRISTOPHE/SIPA

Il est soupçonné d’avoir voulu commettre des attentats à Lyon. Un détenu radicalisé et fiché S au seuil le plus haut vient d’être transféré à la prison de Bourg-en-Bresse, révèle Le Progrès ce mercredi. Les syndicats pénitentiaires dénoncent le fait qu’il soit placé en régime dit classique, c’est-à-dire en contact avec les autres détenus.

D’abord incarcéré à Fleury-Mérogis

A 25 ans, Karim Bekhaled est connu pour avoir fait partie du groupuscule radical islamiste Forsane Alizza, dissous par l’ancien ministre de l’Intérieur, Claude Guéant. Il avait été arrêté en septembre 2014, suite à des écoutes téléphoniques laissant penser que le jeune homme préparait un acte terroriste.

Soupçonné d’association de malfaiteurs, il a d’abord été incarcéré à Fleury-Mérogis (Essonne) en attendant son procès. L’établissement pénitentiaire de la région parisienne regroupe la grande majorité des prévenus radicalisés. Or, la semaine dernière, il a bénéficié d’un transfèrement dans l’Ain pour « rapprochement familial ».

« Connu pour prosélytisme »

Cette décision s’est faite « dans les règles habituelles », avec l’autorisation du juge d’instruction antiterroriste de Paris, selon la direction de l’administration pénitentiaire interrogée par le quotidien régional.

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La situation a le don d’exaspérer le syndicat Ufap-Unsa. « Il est connu pour prosélytisme. En cellule individuelle, il va être en contact avec les autres détenus dans la cour de promenade, pendant les activités sportives, au culte. C’est une aberration ! Comment va-t-on empêcher qu’un individu aussi dangereux rayonne sur les autres et les embrigade ? », s’inquiète le secrétaire adjoint à l’Ufap de Bourg-en-Bresse.

Du personnel non formé

« L’accompagnement de Karim Bekhaled a été confié à un conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation doté d’une fine connaissance du phénomène de radicalisation », répond l’administration pénitentiaire. Selon lui, la prison dispose également d’une structure adaptée pour accueillir des personnes détenues radicalisées. Or, l’ensemble des agents n’est pas encore formé et les effectifs sont trop restreints d’après le syndicat. D’autres détenus radicalisés doivent d’ailleurs arriver prochainement.

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