Lyon: Tout savoir sur l'ambroisie pour mieux l'anéantir

ALLERGIES La campagne de lutte contre cette plante hautement allergisante a débuté dans la Métropole…

Elisa Frisullo

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L'ambroisie est une plante hautement allergisante très présente en Rhône-Alpes.
L'ambroisie est une plante hautement allergisante très présente en Rhône-Alpes. — ALLILI/SIPA

C’est devenu l’ennemi juré des personnes allergiques et des autorités, bien en peine pour l’exterminer. Alors que les plants d’ambroisie viennent de sortir de terre pour pousser lentement jusqu’au mois d’août, période de pollinisation, la Métropole de Lyon a activé son plan de lutte contre cette plante hautement allergisante ultra-présente en Rhône-Alpes.

Pour lutter contre sa propagation, chacun est invité à participer à l’effort d’arrachage collectif. Mais encore faut-il savoir de quoi l’on parle et comment agir. 20 Minutes vous aide à y voir plus clair.

  • Comment reconnaître l’ambroisie ?

L’ambroisie, originaire d’Amérique du Nord, fait partie de la famille des tournesols. Cette plante, apparue en France en 1863 et plus répandue depuis la fin de la seconde guerre mondiale, est semblable en de nombreux points à l’armoise. Pour faire la différence, il suffit de connaître les signes distinctifs de l’ambroisie. Sa tige, assez souple, est couverte de poils blancs. Ses feuilles sont vert clair, ses fleurs vert jaune avant l’éclosion et jaune une fois écloses. Et surtout, cette plante ne dégage aucune odeur, contrairement à l’armoise très parfumée.

  • Où et quand peut-on en trouver ?

L’ambroisie est présente le long des axes routiers et des voies ferrées, sur les terrains en friche, les zones de chantier, dans les espaces verts en cours d’aménagement, dans les champs et les zones pavillonnaires, où des habitations sont en cours de construction ou vacantes, selon le Réseau national de surveillance aérobiologique, chargé de la surveillance de cette plante. Les plants sortent de terre entre avril et fin juin et arrivent à maturité vers la mi-août. Commence alors la floraison, moment à partir duquel débute la pollinisation, qui dure jusqu’en octobre et entraîne des allergies.

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  • Pourquoi l’éliminer ?

Rhône-Alpes est le territoire le plus touché en France. On estime que 13 % de la population est concernée par les allergies liées au pollen de cette plante très invasive. Sur le Grand Lyon, entre 100.000 et 130.000 personnes sont touchées chaque année, précise la Métropole. Cela engendre un coût pour Rhône-Alpes de 15 millions d’euros par an. Les allergies provoquées sont gênantes et parfois graves. Cela va de la rhinite à la conjonctivite, en passant par l’asthme, l’urticaire ou l’eczéma.

  • Comment les autorités interviennent pour limiter sa propagation ?

Une étude publiée en mai 2015 par Nature climate change démonte que d’ici à 2050, le développement de l’ambroisie sera multiplié par quatre en Europe. Pour éviter ce scénario, des plans de lutte ont été créés au niveau national et donnent lieu, dans les zones concernées, à des dispositifs locaux. L’objectif est « d’interrompre le cycle de reproduction de la plante et d’éviter la dispersion des graines et donc la contamination de zones aujourd’hui non concernées », ajoute la Métropole.

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Dans le Grand Lyon, des agents de terrain sont formés chaque année pour apprendre à reconnaître l’ambroisie et la supprimer. De mai à juillet, les brigades vertes de la mission Rhône insertion environnement sont renforcées et mobilisées pour arracher l’ambroisie dans le nord-ouest et le sud-est de l’agglomération.

Pour sensibiliser les agriculteurs, un référent agricole a également été mis en place par la chambre d’agriculture et travaille avec les référents ambroisie de la Métropole pour lutter plus efficacement contre la plante.

  • Que peut faire le grand public ?

Les particuliers peuvent agir à plusieurs niveaux. L’ambroisie ne pousse pas là où il y a de la « concurrence végétale ». Il faut donc éviter de laisser de la terre dénudée. Il est conseillé de semer du gazon, de ne pas tondre trop ras, et de recouvrir le sol nu autour des plantations d’un paillis d’écorce ou d’une toile. Si la plante est déjà sortie de terre, il faut la détruire en l’arrachant à l’aide de gants ou en la fauchant si, comme dans des champs, la surface infestée est importante. Chacun peut également alerter de la présence de plants sur la plateforme Signalement Ambroisie, gérée par le RNSA et l’Agence régionale de santé.