Grenoble: L'avocat Bernard Ripert suspendu pendant deux ans

JUSTICE Le parquet général lui reproche d'avoir multiplié les incidents dans et en dehors des salles d'audience...

C.G.

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(FILES) This file photo taken on April 2, 2013 shows French lawyer Bernard Ripert standing at Lyon's criminal courtroom. 
French lawyer Bernard Ripert has been placed on May 23, 2016 in a psychiatric unit following a medical exam while he was held in police custody. / AFP PHOTO / JEFF PACHOUD
(FILES) This file photo taken on April 2, 2013 shows French lawyer Bernard Ripert standing at Lyon's criminal courtroom. French lawyer Bernard Ripert has been placed on May 23, 2016 in a psychiatric unit following a medical exam while he was held in police custody. / AFP PHOTO / JEFF PACHOUD — AFP

Le couperet est tombé. L’avocat Bernard Ripert a été condamné jeudi par la cour d’appel de Grenoble à trois années d’interdiction d’exercer dont une avec sursis. Le magistrat était jugé pour des manquements disciplinaires. « C’est une radiation », a-t-il déclaré à l’annonce de ce résultat, précisant qu’il allait se pouvoir en cassation.

« Cela ne changera pas grand-chose à ma situation. Je ne sais pas ce que je vais faire professionnellement mais cette nouvelle sanction injuste et illégale sonne à nouveau le glas de ma carrière », poursuit-il dans un communiqué.

« Condamner un homme de 66 ans à ne plus travailler pendant deux ans, c’est une forme de condamnation à mort professionnelle », s’est ému Ronald Gallo, l’un de ses avocats, interrogé par Le Dauphiné Libéré, parlant d' « élimination professionnelle ».

De la relaxe à la condamnation

Bernard Ripert avait pourtant été relaxé par le conseil régional de discipline. Mais le parquet général a fait appel, lui reprochant d’avoir multiplié les incidents dans et en dehors des salles d’audience.

En mars 2015, il avait notamment lancé au président de la cour d’assises de l’Isère qu’il était « préférable de connaître le code avant l’audience que de le découvrir pendant ou après ». Le procureur général avait alors vu dans cette déclaration une tentative « d’intimidation ». Le magistrat, critiqué ce jour-là par l’avocat, avait ensuite tenté de mettre fin à ses jours pendant une suspension d’audience.

Coutumier des coups d’éclat, Bernard Ripert, souvent présenté comme l’avocat « historique » d’Action directe, avait été interpellé le mois dernier à son domicile, avant d’être interné de force dans un hôpital psychiatrique. La justice lui reprochait d’avoir adopté « une attitude menaçante » devant un magistrat de la cour d’appel qui avait statué sur un dossier de sanction disciplinaire le concernant.

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