Lyon: La fermeture de la piscine de Gerland relance le débat sur le manque de bassins dans la ville

LOISIRS L'établissement municipal va fermer ses portes à la fin de l'été...

Elisa Frisullo

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Dans une piscine à Lyon. Illustration
Dans une piscine à Lyon. Illustration — Jean-Philippe Ksiazek AFP/Archives

Le débat n’est pas totalement tranché selon la ville de Lyon. Mais l’annonce, faite lundi soir en conseil d’arrondissement par la mairie du 7e, n’a pas tardé à faire réagir et à relancer le débat sur le manque de bassins dans la ville. A la fin de l’été, la piscine de Gerland, l’une des cinq ouvertes en été à Lyon (intra-muros), va fermer ses portes.

A compter du 1er janvier 2017, cet équipement municipal devrait passer dans le giron de la SASP Lou Rugby, qui, à la suite du départ de l’OL, va bénéficier d’un bail emphytéotique de 60 ans pour occuper le site de quinze hectares du stade de Gerland. Un périmètre dans lequel est intégrée l’actuelle piscine, construite en 1934 et peu fréquentée aujourd’hui en raison de sa grande vétusté. Pour la rendre plus attractive, un projet de rénovation, évalué à 6 millions d’euros en 2014, était à l’étude ces dernières années.

Plusieurs pistes à l’étude sur le devenir du bassin

« Rien n’est tranché. Plusieurs pistes sont à l’étude. L’avenir de Gerland est en train de se décider et des décisions seront prises d’ici deux à trois mois », assure-t-on à la ville de Lyon. En clair, en fonction des discussions menées avec le LOU sur ce sujet et du montant de la rénovation à réaliser, la municipalité tranchera entre une condamnation définitive ou provisoire de ce bassin d''été. Quelle que soit cette décision, après cet été, la piscine risque fort de rester fermée plusieurs années.

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Une situation qui n’a pas manqué de faire réagir l’opposition sur le manque connu de piscines à Lyon. Avec plus de 500.000 habitants (intra-muros) et cinq piscines accessibles l’été, la ville compte ainsi un équipement municipal pour 100.000 habitants. Et ce, dans un contexte marqué par une augmentation régulière du nombre de nageurs observée ces dernières années.

« Un déficit abyssal », selon l’opposition

En 2015, les bassins d’été ont ainsi attiré plus de 218.000 baigneurs contre 169.000 en 2013, deux années où la météo avait été très correcte. Une pénurie qui pourrait bien durer, les deux projets de construction prévus par le passé à Sergent Blandan et au Confluent ayant été abandonnés par la mairie, en partie en raison de contraintes budgétaires.

« Le déficit devient abyssal Monsieur Collomb, vous mettez les Lyonnais au régime sec », a ainsi réagi cette semaine Christophe Geourjon, conseiller municipal d’opposition (UDI) dans le 7e arrondissement. « Les grands équipements et les grandes institutions sont importants car ce sont des locomotives, des moteurs d’un tissu de proximité. L’un ne doit pas aller sans l’autre mais l’un doit soutenir le développement de l’autre », ajoute l’élu.

Favorable à la venue du LOU à Gerland, cet élu demande de préserver la piscine en lançant les travaux qui ont été « votés et budgétisés » afin de permettre un double usage de la piscine : pour le grand public mais également pour l’équipe de rugby.

Ce débat n’est pas nouveau. En 2008, Gérard Collomb lui-même s’était fixé comme objectif sur son second mandat de réaliser un grand « plan piscine ». Ce programme a donné lieu à la totale rénovation du centre nautique du Rhône et à la rénovation d’autres établissements, à l’instar de la piscine Mermoz. Des actions insuffisantes selon l’opposition (LR, UDI), qui depuis des années réclament de nouveaux bassins.

En 2010, notamment le conseiller municipal UDI Denis Broliquier estimait dans les colonnes de Lyon Capitale que « pour être bien placé au niveau du ratio piscines/habitants, il faudrait à Lyon deux ou trois piscines de plus ».