Pédophilie dans l'Eglise: Une sexagénaire retrouve et attaque un prêtre qui l'aurait abusée enfant

SCANDALE «France 3 Rhône-Alpes» a suivi la victime présumée de ces faits aujourd’hui prescrits lors de sa rencontre avec le curé…

E.F.

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La baslique de Fourvière de Lyon, le 7 mars 2013. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES
La baslique de Fourvière de Lyon, le 7 mars 2013. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES — C. VILLEMAIN/20 MINUTES

C’est l’action de vérité menée depuis des mois par l’association des anciens scouts de Sainte-Foy-les Lyon La Parole Libérée qui l’a convaincue de briser le silence dans lequel elle se terre depuis 55 ans. A 60 ans, Claudette a retrouvé l’un des trois prêtres maristes qui auraient abusé d’elle lorsqu’elle était âgée de six ans et a porté plainte, lundi à Lyon, contre cet homme d’Église, le seul du trio encore en vie. L’homme, âgé de 91 ans, est aujourd’hui en retraite dans une institution religieuse de Sainte-Foy-les Lyon (Rhône).


Pédophilie : Entretien de «Nanou» avec son agresseur présumé

Des caresses et des fellations

Suivie par les caméras de France 3 Rhône-Alpes, cette sexagénaire est allée demander des comptes à son agresseur présumé qui, comme les deux autres curés aujourd’hui décédés, lui auraient imposé des caresses et des fellations dans les années 60. Des agressions sexuelles qui auraient continué jusqu’aux 12 ans de la fillette, alors confiée à la garde de sa grand-mère dans le quartier de la Tase à Vaulx-en-Velin.

Lors de l’entretien avec Claudette, dont l’intégralité devrait être diffusée mercredi soir sur France 3 lors de l’émission « Enquêtes de régions » consacrée à la pédophilie dans l’Eglise, le prêtre explique ne pas « avoir de souvenirs précis » de ce qui se serait passé à l'époque. « Je ne réalise pas tout ce que vous me dîtes », explique le nonagénaire.

Au moment où la victime présumée l’informe de son intention de porter plainte contre lui, il ajoute « Ne pensez-vous pas madame que c’est le grand drame d’aujourd’hui que de focaliser là-dessus ? ».

Claudette est repartie sans avoir le « pardon » tant espéré mais «soulagée» d’avoir libéré sa parole, selon la chaîne régionale. Elle s’est ensuite rendue dans les locaux de la brigade de la protection de la famille pour porter plainte contre le curé. Un acte symbolique plus qu’autre chose, les faits, s’ils étaient avérés, étant trop vieux pour être pris en compte par la justice.