Bébés congelés: Audrey Chabot demande à «être punie à la hauteur» des autres femmes infanticides

JUSTICE Cette mère de 36 ans est jugée cette semaine en appel aux Assises du Rhône pour voir noyé et congelé deux bébés...

20 Minutes avec AFP

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Le 27 février 2015, aux Assises de l'Ain.AFP PHOTO / Christophe BUSTI
Le 27 février 2015, aux Assises de l'Ain.AFP PHOTO / Christophe BUSTI — AFP

Elle ne nie aucunement sa culpabilité mais a le sentiment d'avoir servi d'exemple. Jugée une troisième fois pour infanticides, Audrey Chabot a estimé lundi devant les assises du Rhône qu'elle «n'en serait pas là» si, la première fois, en mars 2002, sa mère n'avait pas étranglé son nouveau-né à son insu.

Déjà mère d'un garçon de deux ans élevé par ses parents, elle avait 21 ans lorsqu'elle avait accouché en cachette d'un autre bébé en 2002, avant que sa mère ne survienne. «J'ai dit à ma mère: "Je ne veux pas m'en occuper"», a expliqué l'accusée, rappelant que «non» elle ne lui avait pas demandé de le supprimer.

«J'étais en panique, mais je pense que (sans le geste de sa mère) je n'en serais pas là aujourd'hui, c'est elle qui dirige tout», a-t-elle dit. Mère et fille avaient alors été condamnées respectivement pour «assassinat» à 18 ans et 15 ans de réclusion criminelle en avril 2005, par les assises de l'Ain.

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Condamnée à 23 ans de réclusion criminelle en 2015

Âgée de 36 ans, cette ancienne serveuse de brasserie est rejugée cette semaine en appel à Lyon pour avoir noyé deux autres bébés, dont elle avait accouché en cachette à l'automne 2011 et 2012. Deux petits garçons qu'elle a avoué avoir noyé dans le bac à douche, quelques jours après sa naissance pour le premier.

Le 5 mars 2015, elle avait été condamnée pour meurtres aggravés en récidive à 23 ans de réclusion par les assises de l'Ain. Une condamnation dont elle et le ministère public avaient fait appel. «Que je sois punie, c'est normal, je suis tout à fait coupable, mais je demande à être punie à hauteur de ces autres femmes», a déclaré lundi l'accusée en pleurs. Allusion notamment à l'affaire Courjault, pour laquelle la mère avait été condamnée à 8 ans de prison en 2006 pour un triple infanticide.

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«Cette première condamnation (en 2005) était trop sévère, je l'ai compris trop tard car même si j'ai participé, je n'ai pas commis l'acte», a répondu Audrey Chabot à l'avocate générale qui s'étonnait qu'elle n'ait pas fait appel.

Un point que défendra son avocat, Me Jean-François Canis, qui espère que le procès ne sera pas complètement «obéré par la notion de récidive». Le verdict est attendu vendredi soir.