Lyon: Quinze à dix-huit ans de prison pour les tortionnaires de l'étudiant

JUSTICE L'avocat général de la cour d'assises du Rhône avait requis la perpétuité à l'encontre des trois agresseurs de l'étudiant, laissé pour mort...

C.G. avec AFP

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Lyon, le 24 février 2016
Illustrations de la Cour d'Assies du Rhône et de l'ancien Palais de justice de Lyon. C. Girardon / 20 Minutes
Lyon, le 24 février 2016 Illustrations de la Cour d'Assies du Rhône et de l'ancien Palais de justice de Lyon. C. Girardon / 20 Minutes —

L’avocat général avait demandé la prison à perpétuité. Finalement, les jurés de la cour d’assises du Rhône ont été plus cléments, condamnant vendredi après-midi, les trois agresseurs d’un étudiant à des peines allant de 15 à 18 ans de détention.

Le jeune homme, âgé de 25 aujourd’hui, avait été sauvagement frappé à la gare de Vénissieux, un soir de novembre 2013. Sans raison.

Giflé, frappé à la tête à coups de marteau, roué de coups de pied, l’étudiant avait ensuite été traîné pendant de longues heures dans les rues de la ville par ses bourreaux, désireux de lui extorquer son code de carte bancaire. Avant d’être laissé pour mort au pied d’un immeuble, à moitié nu.

Dans le coma, l’étudiant n’avait dû son salut qu’à sa découverte inopinée par un passant partant travailler au petit matin et la prompte intervention des services de secours. Il y a cependant perdu un œil et doit désormais vivre avec de lourdes séquelles.

« Un verdict lourd »

Les trois accusés, âgés de 22 à 24 ans, ont reconnu les faits lors de leur procès. Le détenteur du marteau, a écopé de la peine la plus lourde : 18 ans. Ses deux co-accusés ont été condamnés à 15 ans de prison. Ils devront tous faire l’objet d’un suivi socio-judiciaire d’une durée de cinq ans après l’exécution de leur peine.

« Le verdict est lourd », a commenté Olivier Forray, l’avocat d’un des accusés. « Il y a beaucoup de regrets sur le choix des qualifications pénales qui ne sont pas le reflet de ce qui s’est passé dans la tête de ces hommes ».

« C’est un verdict qui ne ferme cependant pas l’avenir contrairement aux réquisitions qui voulaient éliminer ces hommes socialement », a-t-il complété.

Lynda Lettat-Ouatah, avocate des parties civiles, a regretté les « explications » des accusés dont la « mauvaise foi ne peut pas satisfaire » la victime et sa famille.