Pédophilie: Des victimes présumées du père Preynat reçues par le gouvernement ce mardi

SCANDALE DANS L’ÉGLISE Les anciens scouts de Sainte-Foy-les-Lyon sont attendus ce mardi en fin de journée à Paris au ministère de l'aide aux victimes...

Elisa Frisullo

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Deux victimes présumées d'un prêtre du diocèse de Lyon, interpellé et placé en garde-à-vue le 25 janvier 2016, près de 25 ans après les faits.
Deux victimes présumées d'un prêtre du diocèse de Lyon, interpellé et placé en garde-à-vue le 25 janvier 2016, près de 25 ans après les faits. — E. Frisullo / 20 Minutes

La rencontre a beau être symbolique, en cette semaine qui s’annonce décisive pour leur affaire sur le plan judiciaire, elle revêt tout de même un caractère particulier. Ce mardi, en fin de journée, les fondateurs de l’association La Parole Libérée, qui ont fait éclater le scandale de pédophilie dans l’Eglise, doivent être reçus au ministère de l’aide aux victimes, créé au lendemain des attentats du 13 novembre.

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« Le gouvernement veut comprendre notre histoire et voir ce que l’on peut attendre en termes d’aide aux victimes. Pour nous, cette rencontre va être l’occasion de rappeler notre souhait de voir la protection de l’enfance réaffirmée comme une priorité par l’Etat, au-dessus de toute religion », confie Bertrand Virieux, cofondateur de La Parole Libérée.

Pour cet ancien scout de Sainte-Foy-les Lyon, qui, en 1980 à l’âge de 9 ans, a subi les assauts du père Bernard Preynat, mis en examen fin janvier à Lyon pour agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans, la porte ouverte par le gouvernement est un signe encourageant. « Cela montre que notre voix a porté. Le gouvernement fait venir des anciens enfants victimes. C’est une réponse qui nous honore », ajoute-t-il.

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La prescription des actes de pédophilie au menu de la rencontre

Les échanges entre les victimes présumées et la directrice de cabinet de la secrétaire d’Etat Juliette Meadel devraient également porter sur l’allongement de la prescription en vigueur pour les actes pédophiles. Aujourd’hui, une victime de viol ou d’agression sexuelle a jusqu’à ses 38 ans pour porter plainte. Au-delà, les faits sont prescrits et ne peuvent plus être pris en compte par la justice. Une ineptie et une injustice pour les membres de La Parole Libérée qui demandent un allongement de 10 ans du délai de prescription.

En début d’année, l’association s’était jointe à Séverine Mayer, ancienne victime de violences incestueuses, pour faire circuler sur internet une pétition demandant l’imprescriptibilité pour les actes de pédophilie. A ce jour, plus de 115.000 personnes ont apporté leur soutien à cette démarche.

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Le reste de la semaine sera également marqué par une autre étape importante pour les victimes présumées du Père Preynat. Vendredi, la cour d’appel de Lyon, saisie par la défense du curé, doit se prononcer sur la prescription ou la non-prescription des faits retenus à l’encontre de l’homme d’Église.