Lyon: Une biennale de la danse toujours aussi créative malgré un budget en baisse

CULTURE La 17e Biennale de la danse, du 14 au 30 septembre à Lyon et dans la région, accueillera 23 créations et premières, tout en jonglant avec un budget en recul de 15%...

Caroline Girardon

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Bengali Akram Khan est à Lyon.
Bengali Akram Khan est à Lyon. — Richard Haughton

Quelques noms, et non des moindres, avaient déjà circulé. Les organisateurs de la biennale de la danse ont levé le voile ce lundi sur la programmation de la 17ème édition, prévue du 14 au 30 septembre. Au total, 37 spectacles seront donnés dont 23 créations ou premières françaises. Et cela malgré un budget en baisse de 15 %.

« Il est important de maintenir la création, sinon la biennale n’a plus de légitimité », tranche Dominique Hervieu, la directrice artistique de l’événement. Pourtant la biennale a dû faire face à des choix drastiques et des coupes budgétaires importantes. Les organisateurs ont dû composer avec un million d’euros en moins par rapport à l’édition 2014 (6,7 millions d’euros en 2016 contre 7,8 millions d’euros)

Le mécénat en forte baisse

« Nous avons enregistré une baisse de 230.000 euros de subventions publiques, liée à la diminution des dotations de l’Etat. Quand ce dernier se désengage, les autres collectivités ont tendance de réduire également leur participation », explique Sylvie Burgat, directrice générale de la Biennale de Lyon. Et d’ajouter que d’autres coupes sont déjà annoncées pour 2018.

Les mécènes, également, se sont montrés bien moins généreux. Leur participation qui s’élève à 1,3 million d’euros, est en recul de 480.000 euros. Un coup dur lorsque l’on sait que le mécénat représentait 28 % du budget de la biennale il y a quelques années et qu’il a atteint 2,4 millions d’euros.

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« Ce n’est pas surprenant. Nous sommes dans un contexte où le mécénat culturel est en régression constante, analyse Sylvie Burgat. D’autant que les entreprises sont aujourd’hui sursollicitées, notamment à Lyon ».

« Les partenaires restent très attachés à l’existence de la biennale. Nous cherchons tous ensemble des moyens de la faire perdurer malgré des coûts resserrés. Mais pour l’instant, cela n’affecte pas la qualité du projet », poursuit-elle.

ADN populaire

« Notre ADN continue d’être à la fois populaire et expérimental. Cette année encore, la création est au cœur de la programmation. Cela implique un niveau de risque car je n’ai pas vu les œuvres, je fais confiance aux artistes », sourit Dominique Hervieu.

La directrice a donc donné carte blanche au facétieux chorégraphe Jean-Claude Galotta. Ce dernier a invité la chanteuse Olivia Ruiz à interpréter le premier rôle de « Volver », spectacle détonnant entre comédie musicale et chorégraphie chantante.

Très attendues également « La belle et la bête » de Thierry Malandain, trois pièces du chorégraphe américain Jonah Bokaer, « Rules of the Game », sur une musique de Pharrell Williams. Une première pour l’auteur de « Happy » et une première française pour le spectacle créé en mai aux États-Unis à Dallas. Le Groupe acrobatique de Tanger présentera lui en première mondiale son spectacle « Halka ».

Le public pourra aussi voir un habitué des lieux, Akram Kahn et assister à des « Battle of styles » mêlant hip hop, danse contemporaine et néo-classique, ou au traditionnel défilé dans les rues de Lyon sur le thème « Ensemble ! » avec un final grandiose place Bellecour, prévu le 18 septembre. La billetterie ouvrira le 9 juin.