Lyon: Elle a lancé une gamme de vêtements astucieux pour personnes handicapées

INITIATIVE Sarah da Silva Gomes a lancé Constant & Zoé en janvier 2015 et s'apprête à sortir la collection été...

Caroline Girardon

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Sarah Da Silva Gomes a lancé Constant & Zoé en janvier 2015, proposant des habits astucieux pour personnes handicapées
Sarah Da Silva Gomes a lancé Constant & Zoé en janvier 2015, proposant des habits astucieux pour personnes handicapées — C. Girardon / 20 Minutes

Derrière le nom de la marque, une histoire de famille. « Constant & Zoé » est une toute jeune entreprise qui propose des vêtements astucieux spécialement conçus pour les personnes handicapées. La cible, pour l’instant : les enfants et les jeunes adultes.

Le concept a été lancé il y a un an et demi par Sarah Da Silva Gomes, entrepreneuse lyonnaise de 26 ans. L’idée lui est naturellement venue de Constant, son frère de 22 ans. Le jeune homme est infirme moteur cérébral depuis la naissance, à la suite d’une erreur médicale. Les séances d’habillage particulièrement laborieuses ont alors convaincu la jeune femme de se lancer dans l’aventure.

Rompre l’isolement

« Enfiler un tee-shirt, cela paraît anodin. Pour Constant, c’est une épreuve. Ce sont des gestes quasiment impossibles à faire et très douloureux car il est obligé de forcer sur ses membres complètement rigides. Ce n’est pas agréable pour lui, et pour les aidants, c’est épuisant », raconte Sarah. « Quand vous devez sortir et que vous mettez une heure pour l’habiller, vous y réfléchissez ensuite. Le risque, c’est de rester chez soi et de s’isoler petit à petit ».

En collaboration avec un bureau d’études, la jeune entrepreneuse a développé tout une gamme de vêtements adaptés (dont la collection été vient de sortir). Rien n’a été laissé au hasard. Chaque détail a été soigneusement pensé. Lors de l’étude de marché, Sarah a multiplié les rencontres avec des ergothérapeutes, des directeurs de centre, des parents d’enfants handicapés ou des seniors en perte de mobilité afin de glaner un maximum de suggestions.

Les ponchos et les manteaux pour les personnes en fauteuils roulants, s’enfilent comme des blouses et s’attachent par l’arrière avec un système de scratch. Les sweats sont dotés de fines fermetures éclairs sous les manches, cachées dans des détails. « Ils s’enfilent aussi comme des ponchos, il ne reste plus qu’à zipper, une fois qu’on a déposé le vêtement sur les épaules », détaille l’entrepreneuse.

Les pantalons comportent des parties molletonnées aux genoux, destinées aux jeunes se déplaçant majoritairement avec leurs mains et leurs genoux. Ils se ferment eux aussi avec des velcros. Mais les stylistes ont laissé des boutons et la braguette pour « créer l’illusion d’un vêtement standard ».

Ne pas être stigmatisant

« L’idée est de ne pas proposer des modèles stigmatisants ». Ni trop chers. La plus petite pièce est vendue 35 euros et le manteau, 140€. Pour rentabiliser les coûts, Sarah fait désormais fabriquer les pièces au Portugal. Des modèles qu’elle emporte ensuite sur les salons ou autre rendez-vous associatifs. « Si la vente sur internet fonctionne plutôt bien, on vend majoritairement nos vêtements en allant dans les centres accueillant des personnes handicapées ou en participant à des événements, organisés par des associations ».

L’an dernier, l’entreprise qui a été distinguée lors de la neuvième édition du concours Talent de Mode, organisée par le Village des Créateurs, a été commercialisée pendant un mois aux Galeries Lafayette de La Part-Dieu.