VIDEO. Vaulx-en-Velin: Trois barres d'immeubles du Mas du Taureau dynamitées en huit secondes

RENOUVELLEMENT URBAIN Cette démolition lance ainsi le début de la rénovation du quartier du Mas du Taureau... 

Caroline Girardon

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A Vaulx-en-Velin, les barres des écharmeaux et de la Luère ont été dynamitées en quelques secondes.
A Vaulx-en-Velin, les barres des écharmeaux et de la Luère ont été dynamitées en quelques secondes. — Alliade Habitat

Assise aux premiers rangs, Marianne a du mal à contenir ses larmes. « J’en ai les jambes qui tremblent », sanglote-t-elle. Sur l’écran du centre Charlie Chaplin de Vaulx-en-Velin, un amas de poussière. Il a fallu moins de dix secondes pour que les deux barres des « Echarmeaux » et celle de « La Luère » du quartier du Mas du Taureau, disparaissent définitivement du paysage.

400 logements datant du début des années 70, dynamités en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. « C’est difficile de les voir s’effondrer comme ça. Je suis née dans l’un de ces immeubles et j’y ai vécu 35 ans. C’est toute ma vie qui vient de défiler. Depuis ce matin, je suis sur place, je suis allée prendre des photos », raconte Marianne, 42 ans.

« Tout ce qu’on avait là-bas, on ne le retrouvera pas »

Même émotion pour Fatia, les yeux encore rougis. « C’est dur de laisser ce qu’on avait pour vivre quelque chose de nouveau ». Durant vingt-deux ans, elle aussi, a habité « aux Echarmeaux ». « On y était bien », soupire-t-elle. « Tout ce qu’on avait là-bas, on ne le retrouvera plus jamais. C’était comme une grande famille, on se parlait entre voisins. »

« Aujourd’hui, c’est dur de se faire à une nouvelle vie dans des quartiers où personne ne se connaît », se désole la quinquagénaire admettant toutefois que le renouveau du Mas du Taureau est « une bonne chose pour la jeunesse ». Le quartier est connu pour avoir été le théâtre des toutes premières émeutes urbaines en France, en 1990.

Même si elle « éprouve un pincement au cœur », Viviane reconnaît également qu’il est temps de « faire un grand nettoyage de printemps ». « C’est vétuste, c’est ancien. Il faut innover et aller de l’avant. C’est bien pour l’image de la ville ».

« A l’époque, il fallait construire à tout prix. On bétonnait sans trop réfléchir. Ce projet est attendu », abonde Jean-Paul, son mari. « Les grands bâtiments, ce n’est pas beau aujourd’hui. Il est préférable de construire de petits immeubles modernes. Cela sera plus joli », sourit Mohammed qui réside en face des barres foudroyées.

Pour autant, la mairie n’envisage pas de construire d’autres immeubles. A la place, elle projette de réaliser des équipements publics comme une médiathèque de 2.700 mètres carrés et une maison de quartier.

« Nécessaire de rénover »

« C’est vrai qu’on a toujours un peu de nostalgie », complète Restitude, qui a habité aux Echarmeaux de 1973 à 1983. « Très souvent quand je promène le chien, je repasse devant. Je regardais vers le troisième étage en repensant aux bons souvenirs. Mais il faut bien rénover. C’était vraiment nécessaire ».

La réflexion de la ville sur le nouvellement du Mas du Taureau porte également sur la place Guy Môquet et sur les connexions à envisager pour mieux relier ces quartiers au village, au centre-ville et à Villeurbanne Saint Jean.