Beaujolais: La grêle ravage une partie des vignes dans le vignoble

INTEMPÉRIES Plusieurs parcelles ont été touchées à Chiroubles, Fleurie et Morgon, dans la nuit de vendredi à samedi...

Elisa Frisullo

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Illustration dans le Beaujolais.
Illustration dans le Beaujolais. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Des mois de labeur réduits à néant en quelques minutes. Après le chablis et le cognac, le beaujolais (Rhône) a à son tour été durement touché par les intempéries, lors d’un orage de grêle qui s’est abattu sur le nord du vignoble dans la nuit de vendredi à samedi. Le Chiroubles a fortement souffert et, à un niveau moindre, les appellations Fleurie et Morgon, selon Inter Beaujolais.

L’interprofession organise ce dimanche après-midi, en mairie de Fleurie, une réunion de crise avec les vignerons touchés et le président du Nouveau Rhône Christophe Guilloteau pour faire le point sur l’étendue des dégâts. Président d’Inter Beaujolais et vigneron à Chiroubles, Gilles Paris a subi de plein fouet la grêle qui a dévasté une grande partie de sa production.

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10 à 15 % de l’appellation dévastée à Chiroubles

« J’avoue que je n’étais pas loin de pleurer. Le matin même, j’étais dans mes vignes. Elles étaient super belles et le soir, c’était une vraie désolation. Bien sûr, il y a l’aspect financier, mais c’est aussi l’amour-propre qui en prend un coup. Quand on est vigneron, on est passionné, on travaille pour avoir de beaux raisins, pour faire du bon vin », confie à 20 minutes Gilles Paris, dont 50 à 70 % de la production a été ravagée.

Sur Chiroubles, selon les premières estimations, 10 à 15 % de l’appellation ont été très touchés selon Inter Beaujolais et sur certaines parcelles, la totalité des espoirs de récolte se sont envolés. « Certains ne pourront rien vendanger », ajoute Gilles Paris qui estime qu’une centaine de vignerons a subi, à divers degrés, cet orage destructeur.

Les espoirs de qualité perdurent

Malgré tout, le président d’Inter Beaujolais souhaite rester optimiste. Car, à 15 jours de la floraison, tout n’est pas encore joué dans les vignes. « C’est à ce moment-là qu’on va voir comment la vigne se comporte. Il faut attendre que les premiers raisins se forment pour mesurer l’ampleur des dégâts. C’est sûr que lorsque la saison commence comme ça, on se dit que ça va être difficile. mais ce genre d’aléas climatique joue sur la quantité pas sur la qualité », ajoute-t-il.

Dans les prochaines semaines, un état des lieux précis des dommages devra être fait pour pouvoir déclarer les dégâts aux assurances. L’Inter Beaujolais devrait également rencontrer le préfet du Rhône afin que l’état de catastrophe naturelle puisse être reconnu sur les zones concernées.