Emprunts toxiques: Le maire de Lyon a-t-il renégocié intelligemment avec les banques?

ECONOMIE Le collectif pour un audit citoyen estime que les collectivités se sont une nouvelle fois, fait avoir...

Caroline Girardon

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Illustration billet de 500 euros
Illustration billet de 500 euros — JAUBERT/SIPA

« Mettre fin à la roulette russe. » Lundi après-midi, Gérard Collomb présentera aux élus, réunis en conseil métropolitain, le « refinancement » des emprunts toxiques, dossier particulièrement épineux.

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Ces emprunts, soumis à des taux flexibles, ont été contractés par Michel Mercier lorsqu’il présidait le conseil général. Depuis la création de la Métropole, cette dernière a dû récupérer 65 % de la dette du Rhône. Le reste étant géré par le Nouveau Rhône.

Problème : au mois de mars, les taux se sont envolés, atteignant des sommets. 24 % pour certains. Quelques semaines plus tard, la Métropole et le département ont donc cherché à renégocier avec la banque Dexia, contre laquelle ils avaient pourtant porté plainte. C’est le fruit de ces négociations qu’ils présenteront aux élus.

« Négociation est un peu un bien grand mot. Les collectivités se sont fait avoir une seconde fois », estime Jean-Louis Lacroix, porte-parole du collectif pour un audit citoyen de la dette publique. En avril, le département et la Métropole ont annoncé avoir signé un chèque de 424 millions pour solder ces emprunts.

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Abandon des poursuites judiciaires

« En réalité, avec ce chèque, ils s’acquittent uniquement du montant des indemnités imposées pour sortir des emprunts toxiques. Il leur faut encore rembourser le capital restant, à savoir 217 millions d’euros », explique Jean-Louis Lacroix. Pour cela, les collectivités ont donc décidé chacune de souscrire six nouveaux prêts qui font cette fois, l’objet d’un taux fixe.

« La banque leur a demandé en contrepartie, d’abandonner les poursuites judiciaires. » Ce qu’elles se sont engagées à faire. « On a préféré négocier qu’aller vers le contentieux car cette piste comportait trop d’aléas et aurait pris quatre ans. Pendant ce temps-là, on aurait dû continuer à rembourser des emprunts à des taux de 25 % et qui auraient pu atteindre les 33 % », justifiait en avril, Richard Brumm, adjoint aux finances.

« Les banques ne seront jamais condamnées »

Un argument que conteste collectif qui appelant les élus à rejeter « le résultat de ces renégociations », qualifiant l’accord passé de « désastreux ». « Les banques ne seront jamais condamnées, elles empochent des indemnités considérables et financent de nouveaux prêts : c’est tout gagnant pour elles. Les contribuables, eux, vont être lourdement taxés », conclut amèrement Jean-Louis Lacroix.