OL-Wolfsburg: Comment les Lyonnaises ont enfin vaincu la malédiction des tirs au but

FOOTBALL FEMININ Avant leur troisième titre européen arraché (1-1, 4-3 aux tirs au but) jeudi face à Wolfsburg, les Lyonnaises avaient (trop) souvent été maudites dans cet exercice si particulier...

Jérémy Laugier

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Excellente jeudi, Saki Kumagai peut savourer ce sacre européen avec Sarah Bouhaddi, qui a enfin stoppé sa malédiction dans l'épreuve des tirs au but.
Excellente jeudi, Saki Kumagai peut savourer ce sacre européen avec Sarah Bouhaddi, qui a enfin stoppé sa malédiction dans l'épreuve des tirs au but. — GIUSEPPE CACACE / AFP

De notre envoyé spécial à Reggio Emilia (Italie)

Lorsqu’Alexandra Popp a égalisé à la 88e minute en profitant d’une sortie « aérienne » manquée de Sarah Bouhaddi, le scénario classique est revenu comme une évidence aux yeux des observateurs.

Ces joueuses allaient vivre la même galère qu’à Getafe en 2010 (0-0, 6-7 aux tirs au but face à Potsdam lors de la première finale européenne de l’OL) ou à Montréal l’an passé (1-1, 4-5 aux tirs au but contre l’Allemagne en quart de finale de la Coupe du monde), et tant d’autres fois entre ces deux exemples les plus criants. 20 Minutes a décrypté avec les Lyonnaises comment cette fois-ci, le sort a souri à la bande à Bouhaddi, jeudi contre Wolfsburg (1-1, 4-3 aux tirs au but).

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  • Touchées mais pas coulées

« Nous sommes passées par toutes les émotions mais nous n’avons pas été abattues », assure la jeune défenseure lyonnaise Griedge Mbock. Si des tribunes, l’ascendant psychologique allemand semblait flagrant après cette fameuse 88e minute, les Lyonnaises ne l’ont pas vécu ainsi. « Je savais qu’au fond de nous, on avait énormément progressé mentalement cette saison », lance Sarah Bouhaddi. La suite des événements lui a donné raison.

  • Elles ont cru en leur destin

« C’était écrit quelque part qu’on devait gagner et ça a été un bel ascenseur émotionnel », confie Amandine Henry. Six ans après avoir manqué son tir au but face à Potsdam pour sa première finale de Ligue des champions, la milieu de terrain de 26 ans croyait en son destin pour sa possible dernière, puisqu’elle a choisi de rejoindre le championnat américain à Portland.

Comme Louisa Necib et Lotta Schelin, elle ne pouvait imaginer une sortie manquée après un passage aussi marquant à Lyon. Quel pouvait être après tout le meilleur moment pour inverser le sort que ces adieux d’une génération dorée ?

  • Tout le monde voulait tirer

En 2010 contre Potsdam, les visages s’étaient tous fermés au moment de conclure une série dans laquelle l’OL avait compté deux tirs au but d’avance avant de craquer. Elodie Thomis avait dû se résoudre à s’élancer « pour la première et la dernière fois » de sa carrière. Sa frappe sur la transversale semblait alors inéluctable.

L’attaquante des Bleues n’a pas eu à se désigner contre son gré jeudi. « Je ne me suis pas posé de questions. Je tenais à aller tirer et c’était pareil pour les autres filles », explique Griedge Mbock (21 ans), qui n’est arrivée que l’été dernier à Lyon.

  • Bouhaddi a pris le dessus sur Bussaglia

C’était un véritable choc de maudites. Coéquipières de 2012 à 2015 à Lyon, Sarah Bouhaddi et Elise Bussaglia se connaissent par cœur. Elles ont notamment en commun des échecs marquants dans cet exercice où la France n’excelle guère. La nouvelle milieu de terrain de Wolfsburg s’est ainsi rendue tristement célèbre en manquant le penalty de l’égalisationlors de la demi-finale des JO 2012 à Londres, face au Japon (1-2).

Elle n’a pourtant pas hésité à défier la gardienne lyonnaise jeudi, dans le rôle clé de la cinquième tireuse. « Je ne pensais pas qu’elle viendrait tirer face à moi, avoue Sarah Bouhaddi, passée de l’ombre à la lumière en arrêtant deux tirs au but, dont celui de Bussaglia. Elle a pris ses responsabilités et c’est tout à son honneur. Elle les frappe très bien en général. Mais là, il y avait la fatigue et les émotions face à cet enjeu… » Un syndrome qu’ont bien trop souvent connu les joueuses de l’OL jusqu’à ce miraculeux sacre.