Villeurbanne: La grève dans les cantines prolongée jusqu'au 5 juillet

SOCIETE Les parents d’élèves se disent aujourd’hui « résignés »…

Caroline Girardon

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La Cuisine centrale des cantines scolaires prŽépare les repas. (illustration)
La Cuisine centrale des cantines scolaires prŽépare les repas. (illustration) — FrŽdŽric Scheiber/20MINUTES

Aucune sortie de crise. Neuf semaines de grève et le mouvement n’est pas prêt de s’arrêter. Mercredi, les agents de Villeurbanne ont voté la poursuite de la grève dans les cantines municipales. Ils ont déposé un préavis allant jusqu’au 5 juillet, c’est-à-dire jusqu’aux grandes vacances. La CGT a refusé catégoriquement d’instaurer un délai de prévenance. A savoir, alerter l’opinion publique et les autorités 48 heures avant le début de la grève.

Si la mairie dit ne pas comprendre « ce revirement », elle assure vouloir « remettre en place un service de restauration ». Jeudi, six cantines sur 24 groupes scolaires de la ville, auront des repas chauds. Pour les autres, il faudra se contenter de repas froids encore quelques semaines.

20 à 30.000 euros de manquer à gagner par jour pour la ville

« Ces repas ne sont pas facturés aux familles », précise Fanny Carrisé, directrice adjointe à l’éducation. « Pour la mairie, ce sont des recettes en moins. Le manque à gagner est estimé entre 20 et 30.000 euros par jour ».

« La conséquence de ce mouvement est que beaucoup de parents vont se tourner l’année prochaine vers le privé. On va finir par faire de ces écoles, des ghettos », estime Sophie Makosza, une maman qui s’est mobilisée sur les réseaux sociaux contre la grève. « Depuis la semaine dernière, la ville fournit des repas froids. Elle fait ce qu’elle peut mais les enfants mangent du thon à tous les repas. » Et d’ajouter : « ça ne peut pas durer comme ça. Ils sont en train de détruire le service public. »

La solidarité en marche

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Longtemps mobilisée, Laurene Guaydon, autres parents d’élèves, a fini par se « résigner ». « Nous n’avons plus aucune raison de soutenir les grévistes aujourd’hui, leur mouvement n’a plus de sens. Vu la durée de la grève, les gens se sont organisés. Mes enfants mangent à midi chez d’autres parents. On tourne. Cela nous a permis de nous rencontrer. On ne l’aurait jamais fait avant. C’est le point positif. On redécouvre l’humanité et la solidarité. »