Amel Majri, ici en D1 lors du choc face au PSG en février (0-0), impressionne avec ses multiples courses dans le couloir gauche lyonnais cette saison.
Amel Majri, ici en D1 lors du choc face au PSG en février (0-0), impressionne avec ses multiples courses dans le couloir gauche lyonnais cette saison. — Coudert/Sportsvision/SIPA

FOOTBALL FEMININ

Comment la dribbleuse de l'OL Amel Majri est devenue la meilleure joueuse française

La joueuse de 23 ans sera l’un des principaux atouts lyonnais face à Wolfsburg, ce jeudi (18 heures) en finale de Ligue des champions. Et ce, à un poste de latérale gauche qui ne l’enchante guère…

La Norvégienne Ada Hegerberg a beau avoir inscrit cette saison 33 buts en D1 et 12 en Ligue des champions, c’est bien sa coéquipière Amel Majri qui a reçu le trophée UNFP de la meilleure joueuse du championnat de France, le 8 mai. C’est dire si la Vénissiane de 23 ans a signé une saison incroyable, qui peut se conclure en apothéose ce jeudi (18 heures à Reggio Emilia) avec la finale de Ligue des champions face à Wolfsburg. « Ça fait plaisir de voir une défenseure récompensée car en général, on met plutôt en valeur les attaquantes », apprécie la gardienne lyonnaise Sarah Bouhaddi.

Après avoir intégré le centre de formation de l’OL à 14 ans, Amel Majri a signé ses premières apparitions dans le groupe professionnel en 2011 avec Patrice Lair. « Ce qui lui arrive est fabuleux et mérité. Elle est devenue une joueuse complète capable d’évoluer partout dans le couloir gauche », confie son ancien coach, qui sera la saison prochaine sur le banc du rival parisien.

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« Amel est déjà devenue indétrônable, à Lyon comme en équipe de France »

Si la jeune joueuse a disputé au total moins de 30 matchs de D1 sous ses ordres entre 2011 et 2014, Patrice Lair a tenu à ce que la sélection française ne passe pas à côté de la native de Monastir (Tunisie). « J’ai prévenu dès 2013 Philippe Bergeroo qu’il pouvait appeler une pépite qui serait vite titulaire dans son équipe ». La suite lui donne raison puisque Amel Majri [3 buts en 20 sélections avec les A] ne quitte plus les Bleues depuis sa première convocation, en mai 2014.

« On a toujours su qu’Amel allait exploser, assure sa partenaire à l’OL Amandine Henry. Selon moi, elle est déjà devenue indétrônable, à Lyon comme en équipe de France. » Pour beaucoup, la véritable surprise tient dans sa réussite à un poste de défenseure latérale auquel elle ne se destinait vraiment pas. « Même si elle n’aime pas trop ce rôle, elle s’y épanouit », souligne la buteuse lyonnaise Eugénie Le Sommer.

Amel Majri a su s'imposer à un poste défensif avec les Bleues également, comme ici face à l'Allemagne en mars.
Amel Majri a su s'imposer à un poste défensif avec les Bleues également, comme ici face à l'Allemagne en mars. - Mike Carlson/AP/SIPA

« C’est la même chose pour elle de marquer un but ou de réussir un petit pont »

Comme pour Lara Dickenmann [désormais à Wolfsburg] la saison passée, la latérale bénéficie tout de même de beaucoup de libertés offensives de la part de son entraîneur Gérard Prêcheur. Il faut dire qu’il serait étrange de se passer de ses qualités de provocation et de percussion. « Elle a gardé son côté foot de quartier », constate Patrice Lair. Car la découverte du ballon rond pour Amel Majri s’est faite dans un city-stade, au cœur de son quartier des Minguettes à Vénissieux.

« Vu comme elle aime bien chambrer, on sent que c’est la même chose pour elle de marquer un but ou de réussir un petit pont », sourit Amandine Henry. La talentueuse et imprévisible gauchère régale l’OL dans un registre de centres et surtout de dribbles qui n’est pas sans rappeler celui d’Hatem Ben Arfa ou de Nabil Fekir, né comme elle en 1993. « Mais Ben Arfa et Fekir auraient du mal à jouer à un poste de latéral, précise Patrice Lair. Or Amel est en plus très disciplinée. »

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Elle est « freinée offensivement » par Sarah Bouhaddi dans les gros matchs

Un constat partagé par Eugénie Le Sommer : « Les gens retiennent surtout ses gestes techniques mais elle a d’autres qualités. Elle a par exemple énormément progressé dans son placement et dans son travail tactique ». Sarah Bouhaddi n’est qu’en partie d’accord. « Amel est encore jeune et pleine de fougue. Elle fait un peu ce qu’elle faisait avec ses potes en bas de chez elle. Il y a des endroits sur le terrain où on ne peut pas tenter des petits ponts », rappelle la gardienne lyonnaise, qui reconnaît « la freiner offensivement dans les matchs à grand enjeu ». Le sommet de Ligue des champions face à Wolfsburg, jeudi (18 heures) sera justement le rendez-vous le plus important de la saison pour les Lyonnaises, après leur traditionnel doublé Coupe-championnat.

Seulement entrée en jeu à la 90e minute lors du cruel revers (0-1) contre ces mêmes Allemandes en 2013, Amel Majri va pour la première fois avoir un rôle majeur dans une finale européenne. Elle devrait ensuite voir plus haut. « J’ai eu des garanties de la part du club et du coach par rapport à mon envie de jouer plus haut sur le terrain », a-t-elle ainsi expliqué en février après avoir prolongé à Lyon jusqu’en 2019. Une bien inquiétante perspective pour toutes les défenses de D1.

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