Grenoble: Vif émoi après l'internement d'office de l'avocat Bernard Ripert

JUSTICE L’homme de loi a été interné en psychiatrie lundi soir…

20 Minutes avec AFP

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L'avocat Bernard Ripert à Lyon le 2 avril
L'avocat Bernard Ripert à Lyon le 2 avril — JEFF PACHOUD AFP

Une mesure qui interpelle et inquiète. Quelque 120 avocats se sont rassemblés mardi midi à Grenoble pour protester contre les conditions d’interpellation de Me Bernard Ripert, interné d’office en psychiatrie lundi soir.

« Les conditions dans lesquelles l’interpellation a eu lieu indignent l’ensemble de notre barreau », a lancé au cours du rassemblement Me Wilfried Samba-Sambeligue, bâtonnier du barreau de Grenoble, qui compte 560 avocats.

Placé en garde à vue lundi matin

Avocat « historique » de l’organisation armée d’extrême gauche Action Directe (AD), Bernard Ripert a été interpellé lundi matin à son domicile et placé en garde à vue, pour des faits d'« intimidation envers un magistrat ». Une expertise psychiatrique a été menée durant sa garde à vue et le médecin a estimé que son état justifiait « une hospitalisation sous contrainte », selon le parquet.

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Me Ripert a été envoyé à l’hôpital psychiatrique de Saint-Egrève (Isère), avant un probable transfert à Bassens (Savoie). « Le conseil de l’ordre a décidé d’être particulièrement vigilant sur la suite des événements car la mesure (d’internement, ndlr) nuit à l’image de notre confrère », a ajouté Me Samba-Sambeligue.

Alors que quelques avocats criaient « libérez Ripert ! », le bâtonnier a appelé à « être extrêmement prudent » car « il y a des éléments que nous n’avons pas ». Coutumier des coups d’éclat, Me Ripert a déjà été condamné à trois reprises à des sanctions disciplinaires. Il avait été suspendu pendant un an en 2013 pour avoir qualifié une avocate de « roquet » et dit d’un président de cour d’assises qu’il avait « triché » et « menti ».

« Rien ne laissait présager un internement »

Il fait actuellement l’objet d’une suspension provisoire dans le cadre de poursuites disciplinaires. Le procureur général et le bâtonnier ont fait appel de sa relaxe par le conseil régional de discipline dans cette affaire. La cour d’appel a fixé au 2 juin une audience sur le fond.

Lundi, « rien ne laissait présager un internement », a déclaré Me Julien Durand, qui l’a assisté pendant sa garde à vue. « Quand on commence à interner les avocats qui dérangent, ça pose question sur le système judiciaire », a-t-il ajouté.