Grenoble : Bernard Ripert, l'avocat d'Action directe, interné d'office en psychiatrie

JUSTICE Figure du barreau grenoblois, l'avocat était alors en garde à vue pour avoir menacé un magistrat qui statuait sur un dossier de sanction disciplinaire le concernant...

C.G. avec AFP

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Bernard Ripert, avocat du barreau de Grenoble
Bernard Ripert, avocat du barreau de Grenoble — J. Pachoud / AFP

Il est connu pour avoir été l’avocat « historique » de l’organisation armée d’extrême gauche Action Directe (AD). Mais Bernard Ripert semble avoir pété un plomb : il a en effet été interné d’office en psychiatrie lundi à la suite d’un examen mené durant sa garde à vue, a-t-on appris auprès du parquet de Grenoble.

« Le psychiatre estime que son état justifie une hospitalisation sous contrainte », a déclaré à l’AFP Jean-Yves Coquillat, procureur de Grenoble, qui a décidé de lever la garde à vue visant Me Ripert. Ce dernier doit être transféré en hôpital psychiatrique, où il sera examiné par deux nouveaux médecins.

Interpellé à son domicile

Coutumier des coups d’éclats, l’avocat Bernard Ripert, figure du barreau grenoblois, avait été placé en garde à vue ce lundi matin. Il a été interpellé à son domicile près de Chambéry pour… s’en être pris à un magistrat, indique Le Dauphiné Libéré.

Selon le parquet de Grenoble, Bernard Ripert est suspecté d’avoir, le vendredi 13 mai, adopté « une attitude menaçante » devant un magistrat de la cour d’appel qui avait statué sur un dossier de sanction disciplinaire le concernant. Un délit passible de trois ans de prison et 45.000 euros d’amende.

Convoqué initialement vendredi à l’hôtel de police pour s’expliquer sur ce geste, l’avocat ne s’est finalement pas présenté au rendez-vous, ce qui a conduit l’autorité judiciaire à utiliser la force publique pour le contraindre à se présenter.

« Interpellé comme un terroriste »

Avocat historique d’Action directe ou encore en décembre de deux accusés au procès de la rixe mortelle d’Échirolles (Isère), Bernard Ripert « a été interpellé comme un terroriste alors que c’est lui qui est terrorisé », déplore son épouse Rose-Marie Ripert.

« Ça ne s’est pas bien passé. C’est inquiétant cette façon de procéder. Il a été menotté, raconte-t-elle. Ces méthodes démontrent bien la justesse de son combat. »

Menacé de radiation

Bien que relaxé par le conseil de discipline, Bernard Ripert, âgé de 65 ans, fait actuellement l’objet d’une suspension pour « manquements à la déontologie ». La cour d’appel lui a interdit d’exercer ses fonctions pour les quatre prochains mois. Cette dernière a fixé au 2 juin une nouvelle audience pour décider d’une éventuelle radiation.

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Condamné à trois reprises à des sanctions disciplinaires, l’avocat avait déjà été suspendu pendant un an en 2013 pour avoir qualifié une avocate de « roquet » et dit d’un président de cour d’assises qu’il avait « triché » et « menti ».