Pédophilie dans l'Eglise: Le père Preynat prié de quitter le couvent des sœurs de Fontaines-sur-Saône

SCANDALE DANS L'EGLISE L'homme d'église a été mis en examen le 27 janvier pour «agressions sexuelles sur mineurs»...

Elisa Frisullo
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Lyon, le 27 avril 2016. Illustration de la basiilique de Fourvière à Lyon.
Lyon, le 27 avril 2016. Illustration de la basiilique de Fourvière à Lyon. — Elisa Frisullo / 20 Minutes

Il a dû quitter les lieux il y a un mois en toute discrétion. Le père Bernard Preynat, mis en examen le 27 janvier pour des « agressions sexuelles présumées sur mineurs », a été prié de déménager du couvent des Petites Sœurs de Saint-Joseph à Fontaines-sur-Saône, près de Lyon, où il était hébergé depuis que le cardinal l’a démis de ses fonctions à l’été 2015, relate Le Progrès.

La décision de lui faire quitter les lieux a été prise pour protéger les sœurs de la pression médiatique, devenue infernale ces derniers mois autour du couvent, selon une source au sein de l’Eglise cité par le quotidien régional. Des paroissiens s’étaient également émus qu’un prêtre soupçonné de pédophilie soit hébergé dans un lieu diocésain. Les prêtres du secteur, enfin, auraient également insisté pour que Bernard Preynat déménage, pour ne plus être regardé comme des complices d’un pédophile présumé.

Le parquet général requiert la non-prescription des faits

Dans cette affaire, ressortie du passé en janvier dernier par d’anciens scouts de Sainte-Foy-les-Lyon, victimes présumées réunies au sein de La parole Libérée, le parquet général a requis vendredi la non-prescription des faits reprochés au curé. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Lyon, qui avait été saisie par la défense du religieux, a mis sa décision en délibéré au 10 juin.

Quatre plaintes ont été retenues, que le juge d’instruction, déjà saisi par la défense dans le cadre de la procédure, avait estimé non-prescrites dans une ordonnance rendue fin mars. L’avocat du père Preynat, Me Frédéric Doyez, avait fait appel de cette décision devant la chambre de l’instruction. L’association La Parole Libérée a recensé pour sa part ces quatre derniers mois 68 victimes présumées du prêtre pour la majorité desquelles les faits sont prescrits par la justice.