Pédophilie: Après son entrevue avec le pape, le cardinal Barbarin confirme rester en poste

SCANDALE DANS L'EGLISE Le souverain pontife lui a apporté son soutien, tout en estimant que les évêques ayant protégé des pédophiles devaient démissionner...

20 Minutes avec AFP
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Le cardinal Barbarin, le 28 novembre 2015.
Le cardinal Barbarin, le 28 novembre 2015. — KONRAD K./SIPA

Il ne démissionera pas. L'influent cardinal français Philippe Barbarin, éclaboussé par des affaires de pédophilie dans son diocèse de Lyon, a confirmé vendredi soir rester à son poste au terme d'un entretien avec le pape François au Vatican.

Alors que des associations de victimes et plusieurs personnalités politiques, jusqu'à Manuel Valls, ont réclamé la démission de Mgr Barbarin, le pape François lui a plutôt apporté son soutien, tout en estimant que les évêques ayant protégé des pédophiles devaient démissionner.

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«Si la justice mettait en lumière un grave manquement dans la conduite de ma mission, (une démission) serait effectivement une perspective à envisager. Pour l'heure, ce ne serait pas responsable, ce serait même contraire à mon devoir: on ne quitte pas le navire en pleine tempête!», a déclaré le prélat, l'un des plus influents de l'Eglise de France, dans un entretien au Figaro.

«Attendre paisiblement que la justice ait accompli sa mission»

Selon Mgr Barbarin, le pape lui a «redit sa confiance» et lui a conseillé «d'attendre paisiblement que la justice ait accompli sa mission», lors d'un entretien au Vatican dans la journée. François «a d'abord pris le temps d'écouter attentivement. Il semblait très informé de la situation. Il m'a redit sa confiance, sa prière et sa conviction intime: il n'y a pas de place dans le ministère pour ceux qui abusent des enfants, et ce, de façon imprescriptible», a-t-il raconté au Figaro.

Dans un entretien publié mardi par le journal La Croix, le pape avait déjà pris fermement la défense de l'archevêque de Lyon, en estimant que sa démission avant l'issue d'un hypothétique procès serait «un contresens».

Selon le porte-parole du Vatican Federico Lombardi, l'entretien au Vatican a porté sur la crise qui secoue l'Eglise catholique de France mais aussi sur des sujets plus pastoraux, comme la préparation du pèlerinage des gens de la rue en novembre à Rome, à l'occasion du Jubilé de la miséricorde, et d'un autre pèlerinage de 300 élus de la région Rhône-Alpes.