Euro 2016 : Super Victor, fierté de la PME lyonnaise Zebrand

ECONOMIE La société de design lyonnaise connait de belles retombées en terme de notoriété, mais pas financières...

Caroline Girardon
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Super Victor sur la place de la Victoire à Bordeaux. Crédit:UGO AMEZ/SIPA
Super Victor sur la place de la Victoire à Bordeaux. Crédit:UGO AMEZ/SIPA — SIPA

« Cela nous a apporté beaucoup de visibilité ». Dans un mois, la planète foot va débarquer en France, terre d’accueil de l'Euro 2016. Et le visage de Super Victor, la mascotte du tournoi sera visible un peu partout : dans les stades, les rayons des boutiques souvenir, les spots télévisés et sur les tee-shirts des enfants. Une fierté pour la PME lyonnaise Zebrand qui l’a conçue.

« Cela montre d’une certaine façon qu’il existe des talents en province, pas seulement à Paris », lâche Erik Berchet, fondateur de l’entreprise. La société, basée à la Tour-de-Salvagny, a été contactée en mars 2014 pour réaliser la mascotte. Six mois plus tard, le projet a été finalisé. A savoir le dessin et le travail autour de la charte. Ensuite, il a fallu peaufiner.

Un personnage universel

«L’UEFA s’est montrée très exigeante. Nous avons travaillé des mois sur des micros détails », poursuit Erik Berchet. Comme la couleur de cheveux du personnage ou sa coiffure. « Lors de la coupe du monde 2014, nous avons eu droit à un véritable festival capillaire de la part des joueurs. Il fallait trouver une coupe qui ne soit pas démodée deux ans après. »

Autre contrainte : faire de Super Victor un « personnage le plus universel possible » afin de « ne heurter personne ». Autrement dit, pas de blond aux yeux bleus, ni de garçon mât aux cheveux noirs.

Un mois de travail pour la chaussure magique

Le maillot de foot a été dessiné de façon à ce qu’il ne ressemble pas à un ancien modèle ni n’évoque de marque. Même chose pour la chaussure magique qui a demandé à elle seule, un mois de travail.

Enchantée du résultat, l’UEFA mise beaucoup sur le petit footballeur aux super pouvoirs, qui effectue actuellement la tournée des stades pour rencontrer le public.



L’entreprise, elle, a eu quelques belles retombées puisqu’elle s’est vue confier la conception des deux mascottes des Championnats du monde de handball 2017 en France, l’ours Rok et la fouine Koolette. En revanche, l’opération financière n’est pas si juteuse que cela. Le montant du contrat, tenu secret, « équivaut à des projets beaucoup moins médiatisés ». Et l’équipe ne perçoit pas de royalties sur les produits dérivés.



« Sinon nous serions déjà millionnaires, sourit Erik Berchet. Super Victor est désormais la propriété exclusive de l’UEFA. C’était le deal, nous avons accepté. Nous savions dès le départ que notre personnage nous échapperait. Mais au fond, sa paternité est celle d’une agence de province. Quelque part, il nous appartiendra toujours. »