VIDEOS. Lyon : La maison de la danse présente sa nouvelle saison...peu classique

CULTURE Trente trois spectacles seront présentés lors de la saison 2016-2017 qui s'ouvrira par la biennale de la danse en septembre...

Caroline Girardon

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Le spectacle Pixel de Mourad Merzouki
Le spectacle Pixel de Mourad Merzouki — Benoîte Fanton

Exit les ballets de danse classique. La maison de la Danse à Lyon a présenté lundi sa nouvelle saison 2016-2017, une saison résolument tournée vers la modernité, le burlesque et la popularité.

Soucieuse de vulgariser la danse, et de la rendre accessible à tous, Dominique Hervieu, la directrice des lieux mise sur une nouvelle fois sur une programmation éclectique, populaire et sophistiquée, où le hip-hop, le cirque, « le cabaret grotesque », et le contemporain auront toutes leur place.

Trente-trois spectacles seront présentés à compter du 14 septembre 2016 jusqu’au 3 juin 2017. Petite revue de détail.

  • L’humeur en haut de l’affiche

Pour cette nouvelle saison, la maison de la danse a invité des artistes non dénués d’humour, à commencer par Israel Galvan, danseur de flamenco, qui « retourne son arme comme un gant ». Le chorégraphe espagnol qui « rhabille le flamenco en se moquant de lui-même », a l’art d’aller où personne ne l’attend. Il a déjà prévu de monter sur scène avec une robe à pois (14-16 septembre).

Encore plus décalé : Relic du chorégraphe et metteur en scène Euripides Laskaridis (27-28 septembre). « Il s’agit d’un solo inclassable, d’un cabaret grotesque qui glisse vers le show transformiste », dévoile Dominique Hervieu. Sur scène : un personnage à la fois monstrueux et loufoque semblable à une poupée obèse enchaîne les situations incongrues, déclenchant le rire des spectateurs.

Autre spectacle qui devrait déclencher l’hilarité : Tutu de la compagnie Chicos Mambo (22-27 novembre). Six hommes en tutu, danseurs, acrobates, clown, « qui savent tout faire » revisiteront les codes chorégraphiques, s’amusant de la danse contemporaine, de Pina Bausch, de Danse avec les stars, du tango et même du haka. « C’est de la danse pour rire mais qui ne plaisante pas avec la technique », prévient Dominique Hervieu.

  • Du cirque sous toutes ses formes

Présents la saison dernière, les jongleurs du collectif Petit Travers reviennent à Lyon du 19 au 21 septembre pour une toute nouvelle création. La troupe du cirque Eloize s’installera pendant deux semaines à la maison de la danse (8-22 octobre). La compagnie qui s’était fait connaître en créant un wide Side story métissé de hip-hop, présentera cette fois Cirkopolis, un show coloré entraînant les spectateurs dans une ville-usine, sorte de mégalopole futuriste.

  • Le hip-hop en force

Figure emblématique du hip-hop, Mourad Merzouki dont la compagnie Käfig fête ses 20 ans, sera particulièrement mis à l’honneur (11-21 décembre). Le chorégraphe natif de Bron présentera trois spectacles dont une reprise d’Agwa, ballet qui l’a propulsé dans la cour des très grands, interprété par dix danseurs des favelas de Rio. Le public pourra aussi revoir ou découvrir, Pixel, dernière pièce du maître.

Bercé par les influences urbaines et les cultures du monde, Bouba Landrille Tchouda promet une création hip-hop « intense et dynamique » (4-7 novembre). « Il travaille surtout cette fois sur la violence des rapports humains », note Dominique Hervieu.

Les 10 et 11 mars, la maison de la danse vibrera aux sons de l’afrobeat, synthèse entre le jazz, le funk et la musique traditionnelle nigériane en accueillant Serge Aimé Coulibaly, un artiste « qui a souvent utilisé son art comme une arme et beaucoup combattu le système par la danse ».

Enfin Heddy Maalem, roi du krump, danse urbaine américaine, et ses cinq danseurs viendront pour la première fois à Lyon (14-15 mars). « Cette danse, qui fascine par sa gestuelle primitive, se pratique généralement sous forme de battle, avec des passages d’une minute. Cette fois, on aura le droit à un spectacle d’une heure et demie, très puissant », promet Dominique Hervieu.

  • Les grands noms au rendez-vous

Acclamé dans le monde entier, le chorégraphe Akram Khan est annoncé du 30 septembre au 5 octobre dans Desh, une pièce qu’il va revisiter spécialement pour le jeune public. José Montalvo proposera une version très personnalisée du Sacre du Printemps, mêlant musique classique, flamenco, tubes de son adolescence et danse africaine. (30 novembre - 4 décembre).

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Vingt ans après avoir triomphé avec Roméo et Juliette, Angelin Preljocaj, présentera à nouveau son ballet fétiche pendant cinq jours (25-29 janvier). Mais pas seulement. Il viendra également avec sa nouvelle création : L’extraordinaire aventure (1er-4 février) tandis que le Radiant de Caluire mettra en scène deux de ses plus belles pièces, les 2 et 3 février.