Largués à dix points de Monaco après 27 journées, les Lyonnais ont réussi leur folle remontée pour s'offrir une place en Ligue des champions samedi.
Largués à dix points de Monaco après 27 journées, les Lyonnais ont réussi leur folle remontée pour s'offrir une place en Ligue des champions samedi. — ROMAIN LAFABREGUE / AFP

FOOTBALL

Ligue 1: Les cinq clés pour comprendre le match d'anthologie de l'OL face à Monaco

Les Lyonnais ont survolé de bout en bout samedi (6-1) le choc pour la deuxième place qualificative en Ligue des champions. « 20 Minutes » vous explique comment en cinq points…

L’OL a vécu son « apothéose » telle que l’imaginait Jean-Michel Aulas samedi. En étrillant Monaco de manière presque indécente (6-1), les Lyonnais se sont qualifiés pour la Ligue des champions. Comment ce choc tant attendu a-t-il pu basculer ainsi dans une folie symbolisée par le doublé lunaire de Mapou Yanga-Mbiwa ? 20 Minutes a cinq points à vous soumettre.

  • Un aboutissement de rêve quasi-écrit… comme en 2002

« C’est très important de réussir ses rêves », annonce avec conviction Jean-Michel Aulas. Dans son sillage, l’OL n’a pas fait semblant d’y croire depuis janvier, malgré une 6e place à dix points de Monaco et de la Ligue des champions fin février. « On en a rêvé tous ensemble à partir du mois de janvier. On avait une sorte de pacte avec les joueurs, le staff et le président », confie Bruno Genesio.

« J’avais prévenu que ça allait se passer comme en 2002 contre Lens [la fameuse « finale de L1 » remportée 3-1 par Lyon], fanfaronne légèrement JMA. Rien ne peut arrêter cette équipe quand elle a la certitude qu’elle peut gagner les matchs. » En menant 2-0 après 8 minutes samedi, on a vite été au-delà de la certitude…

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  • Une envie rendant l’OL « difficilement battable »

A l’instar du PSG le 28 février (2-1), Monaco a été pris à la gorge d’emblée samedi. « On a fait une très grosse entame en pressant très haut. Il y avait une telle envie dans l’équipe ce soir que nous étions difficilement battables », apprécie Bruno Genesio.

« Les joueurs ont beaucoup de talent et ils y ont ajouté une envie irrésistible de gagner », confirme Jean-Michel Aulas, qui n’avait pas dû reconnaître son équipe une semaine plus tôt contre Ajaccio (2-1). « Si vous aviez vu la causerie de Bruno ce soir, vous auriez imaginé que personne ne pouvait nous battre, ni Paris ni Monaco », a assuré le président lyonnais après la rencontre.

  • Une obsession du jeu et du plaisir

Seulement septième attaque de Ligue 1 à Noël [23 buts, ex aequo avec Bordeaux], l’OL en a quasiment inscrit le double lors de la phase retour [44 buts, 2e meilleur bilan derrière le PSG]. Une ligne directrice instiguée par Bruno Genesio et son 4-3-3, qui a autant libéré les attaquants [Lacazette, Cornet et Ghezzal] que les milieux relayeurs [Darder, Ferri et Tolisso].

Rien n’a changé cette semaine pour préparer le sommet face à Monaco. « On avait beaucoup insisté toute la semaine sur le jeu. Avec les qualités qu’on a dans cette équipe, c’est la meilleure manière d’avoir des résultats, explique l’entraîneur lyonnais. Avant le match, je leur ai dit de s’amuser, de prendre du plaisir. Je pense que c’est pour ça qu’on fait ce métier. » Avec ce 6-1 dévastateur, tout le monde doit en être convaincu samedi à Lyon.

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  • Un public survolté au Parc OL

Hormis pour un mémorable derby [3-0 en novembre] et éventuellement pour un succès (3-0) contre Toulouse en octobre, les supporters n’ont jamais pu apprécier un match pleinement abouti à Gerland durant les cinq premiers mois de la saison. Le déménagement au Parc OL a par contre immédiatement été un franc succès en janvier. Avec 26 points et surtout 30 buts inscrits [en 10 journées de L1], cette nouvelle enceinte reste une citadelle imprenable, au contraire de l’antre historique du club lyonnais [14 points et 12 buts marqués cette saison à Gerland].

« Je n’ai jamais joué dans une ambiance pareille en Espagne, explique Sergi Darder. Même à 4-0, on en veut toujours plus quand 60.000 personnes chantent pour nous. » Avec une affluence record ce samedi [56.696 spectateurs], le superbe stade était véritablement en fusion face à Monaco (6-1). « Ce soir, on n’a pas joué à 19 mais à 60.000 », estimait Bruno Genesio. Entre le traditionnel Ahou, une banderole rendant hommage à Malbranque et des chants pour Genesio, Jallet et surtout Yanga-Mbiwa, les « good vibes » étaient plus que jamais de sortie pour l’OL à Décines.

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  • De Jardim à Lacina Traoré, Monaco y a clairement mis du sien

Plusieurs observateurs prédisaient à Bruno Genesio une leçon tactique adressée par Leonardo Jardim. A l’instar de ses joueurs, l’entraîneur portugais est pourtant passé à côté de son sommet samedi. Comment a-t-il pu songer à installer Andrea Raggi au poste de latéral gauche face au virevoltant Rachid Ghezzal ? Pourquoi s’est-il privé au coup d’envoi de Vagner Love et surtout de Thomas Lemar ?

Le mystère reste entier, d’autant que le choix du géant ivoirien Lacina Traoré (2,03 m) en pointe s’est révélé être un échec cuisant. L’attaquant a ainsi été expulsé dès la 23e minute suite à deux fautes totalement inutiles. Notamment privée de ses tauliers Moutinho (blessé) et Fabinho (suspendu), l’ASM était en dessous de tout samedi. « Il n’y a aucune excuse, tout le monde est passé au travers », a assumé Jérémy Toulalan après le carnage.

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