Lyon: Tout comprendre à la pollution qui sévit dans la métropole

QUALITÉ DE L'AIR Après une année 2014 bien meilleure, la qualité de l’air s’est de nouveau dégradée en 2015…

Elisa Frisullo

— 

Jeudi 12 mars 2015. Vue de Lyon durant un épisode de pollution au particules fines.
Jeudi 12 mars 2015. Vue de Lyon durant un épisode de pollution au particules fines. — SIPA

2014 avait été une année exceptionnelle en termes de qualité de l’air. Après cette année d’accalmie, les habitants de la région Rhône-Alpes ont renoué en 2015 avec des niveaux de pollution supérieurs aux valeurs réglementaires. « Même si ces dernières années, il y a une tendance forte à l’amélioration, des efforts restent à faire. 2015 confirme que 2014 était une embellie liée aux conditions météo. L’an passé, les conditions climatiques ont été moins favorables à la qualité de l’air », résume Marie-Hélène Personnaz, directrice d’Air Rhône-Alpes, qui a dévoilé ce jeudi le bilan annuel de la qualité de l’air.

Lyon n’a évidemment pas échappé à cette tendance. 20 Minutes vous explique ce qu’il faut savoir sur la pollution subie l’an dernier dans l’agglomération.

  • De quels polluants parle-t-on ?

L’agglomération lyonnaise est concernée par trois polluants. Les particules fines, l’ozone et le dioxyde d’azote. Pour les poussières (PM10), les concentrations observées en 2015 ont augmenté partout. Les niveaux réglementaires ont été dépassés au bord des grands axes de circulation. Air Rhône-Alpes estime que 7 000 personnes (sur 12 000 concernées en Rhône-Alpes) ont été exposées à des concentrations journalières de particules. Les PM10 ont toutefois diminué de 48 % dans le Grand Lyon entre 2000 et 2014.

Les niveaux de dioxyde d’azote, présent le long des grands axes routiers, n’ont pas progressé par rapport à 2014. Comme les années précédentes, 92 000 habitants de la métropole ont été exposés à des dépassements en 2015. Sur les dix dernières années, les émissions de dioxyde d’azote ont diminué de 50 %.

L’ozonea explosé en 2015, notamment durant le mois de juillet 2015. « Suite aux fortes chaleurs et à l’ensoleillement, 220 000 Rhodaniens, dont 80 000 Grands Lyonnais ont subi des dépassements des seuils réglementaires », ajoute l’observatoire. Le Sud du Rhône a été le plus exposé, comme l’ont également été les départements les plus touchés par l’épisode caniculaire, à savoir l’Isère, la Drôme et l’Ardèche. Entre 2005 et 2015, les concentrations d’ozone mesurées dans l’air ont d’ailleurs progressé de 5 % dans la métropole, alors que tous les autres polluants ont diminué.

>> A lire aussi : L'ozone, le polluant des vagues de chaleur

  • Quelles sont les sources de pollution ?

Les transports. Le trafic est à l’origine des deux tiers des émissions de dioxyde d’azote du Grand Lyon. Dans 90 % des cas, cette pollution est imputable aux véhicules diesel. Près de 30 % des gaz à effet de serre proviennent également de la circulation automobile. Un tiers des particules fines sont émises par le transport.

Les ménages. Entre 25 % et 30 % des émissions de particules fines sont dues aux chauffages individuels en mauvais état (cheminée…).

L’Industrie. Un tiers des émissions de poussières et un quart de la pollution au dioxyde d’azote sont dus à l’industrie, à l’énergie et aux déchets. Ce secteur est également à l’origine de la quasi-totalité des émissions de dioxyde de soufre qui ont considérablement diminué au cours des dernières années (-74 %)

L'agriculture. Ce secteur est, dans le département, responsable de 12 % des émissions de poussières et de gaz à effet de serre et de 14 % de la pollution au dioxyde d’azote. Mais à Lyon, ce secteur d’activité n’entraîne quasiment pas d’émissions nocives.

>> A lire aussi : L'autoroute A7 limitée à 90 km/heure sur Valence

  • Quelles solutions pour l’avenir ?

Plusieurs efforts sont encore possibles pour limiter la pollution. Pour les particules fines, le travail d’information mené ces dernières années auprès de la population doit se poursuivre au sujet des vieux chauffages à bois. Les mentalités ont encore du mal à évoluer, mais ce qu’il faut retenir, c’est que même s’il est très agréable de se réchauffer auprès d’un feu de cheminée, l’air respiré est ultra-pollué, mieux vaut s’en passer. Pour les particuliers concernés, il est vivement conseillé de s’équiper de matériel neuf.

Pour le dioxyde d’azote, la solution est bien sûr la diminution du trafic routier. Cela passe notamment par le covoiturage et l’utilisation des transports en commun, peu polluants selon Air Rhône-Alpes, et des modes doux. « Pour améliorer la qualité de l’air, le plus rapide, ce serait de sortir les vieux véhicules diesel de la ville et de développer les véhicules électriques », précise Marie-Hélène Personnaz.