Lyon : Ils ont connu 45 jours de conditions extrêmes pour donner vie à Antarctica

EXPOSITION Le musée des Confluences de Lyon présente jusqu'au 31 décembre, l'exposition Antarctica, conçue par Luc Jacquet ...

Caroline Girardon

— 

L'exposition Antarctica de Luc Jacquet présente les photos de Laurent Ballesta et Vincent Munier 
 AFP PHOTO : JEFF PACHOUD. Lancer le diaporama
L'exposition Antarctica de Luc Jacquet présente les photos de Laurent Ballesta et Vincent Munier AFP PHOTO : JEFF PACHOUD. — AFP

Plus qu’une exposition, une « expédition ». Le pôle Sud, comme si vous étiez. Avec ses manchots, ses phoques, sa banquise mais sans les conditions climatiques extrêmes. Le musée des Confluences de Lyon présente jusqu’à la fin de l’année Antarctica, une exposition signée Luc Jacquet, le réalisateur de La Marche de l’empereur.

Deux années de préparation et de travail ont été nécessaires pour la réaliser. Et 45 jours sur place. « Cela en valait vraiment la peine. Notre travail n’a jamais au autant de sens même si on a vraiment souffert », relate Laurent Ballesta, plongeur et photographe naturaliste. Depuis le 15 décembre, date à laquelle l’expédition s’est terminée, l’homme avoue qu’il n’a pas encore retrouvé la sensibilité de ses deux gros orteils.

Pendant 50 jours, inlassablement, le plongeur a exploré les eaux glaciales du pôle Sud, descendant jusqu’à 70 mètres de profondeur, parfois 120 mètres. Six heures de préparation ont été nécessaires à chaque fois pour un travail finalement très court.

Deux minutes à peine pour prendre les photos

« On restait à peine deux minutes sur place pour photographier les animaux. On perd en mobilité. Appuyer sur un bouton devient un exercice de virtuosité. Puis on remontait palier de décompression par palier pendant presque une heure et demie », relate-t-il.

L'expo Antarctica est visible jusqu'au 31 décembre
L'expo Antarctica est visible jusqu'au 31 décembre - C. Girardon / 20 Minutes

« A chaque fois que je ressortais de l’eau, je me disais que le lendemain, j’allais faire une pause tellement j’étais brisé de fatigue. Mais le soir, quand je regardais les photos de la journée, je n’avais qu’une envie, c’était d’y retourner, poursuit Laurent Ballesta. Au final, j’ai dormi sept jours d’affilée sur le bateau au retour. »

People visit the exhibition
People visit the exhibition - AFP

« C’était très dur. Cela ne se voit pas sur les images mais le vent soufflait en permanence, avec des rafales dépassant régulièrement les 200 km/h. C’est extrêmement difficile de stabiliser une caméra dans ces conditions. Vous enlevez votre masque et vous êtes criblés de neige, complète Luc Jacquet pourtant rodé à l’exercice. Chaque minute vaut de l’or. »

L’équipe, composée de 11 personnes, a ramené 160 heures de rush et des dizaines de milliers de photos. « Pour autant, on a l’impression d’avoir juste effleuré le sujet. Il y a plus de 9.000 espèces répertoriées sous l’eau », détaille Laurent Bellasta.

L'exposition est à découvrir jusqu'au 31 décembre.
L'exposition est à découvrir jusqu'au 31 décembre. - C. Girardon / 20 Minutes

Luc Jacquet se dit satisfait du résultat présenté au musée. « Je redécouvre la beauté de l’Antarctique, glisse-t-il en souriant. Cet endroit vous apprend à relativiser et à rester modeste. On a pris le parti d’embarquer le visiteur avec nous, de présenter une exposition régénérante. C’est une invitation à la contemplation, à se baigner dans la nature. »