Rhône-Alpes va tester le carnet de vaccination électronique

SANTE L’expérimentation va être menée pendant un an en Rhône-Alpes, à l’initiative des médecins libéraux…

Caroline Girardon

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La région Rhône-Alpes est la première à tester le carnet de vaccination électronique à la place du carnet de santé papier.
La région Rhône-Alpes est la première à tester le carnet de vaccination électronique à la place du carnet de santé papier. — Riclaefe / Sipa

Combien de fois avez-vous réalisé deux ou trois ans après l’échéance que vos vaccins n’étaient pas à jour, ayant tout simplement oublié de faire le rappel ? Quand vous n’avez tout simplement pas égaré votre carnet de vaccination… Des situations courantes auxquelles aimeraient remédier les médecins libéraux.

« Aujourd’hui, plus d’un adulte sur deux n’a pas de carnet de santé. Quand il en a un, celui-ci est souvent incomplet », constate le docteur Jean Stagnara, membre de l’Union régionale des professionnels de santé de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

« Cela signifie que de nombreux patients n’ont pas de documents auquel se référer pour savoir s’ils sont protégés contre telle ou telle maladie infectieuse. Cela conduit également à un risque de sur-vaccination ou de sous-vaccination », ajoute-t-il.

Une expérimentation d’un an

Les médecins libéraux ont donc lancé une initiative : le carnet de vaccination électronique (CVE). L’expérimentation débutera officiellement mardi auprès de 230.000 habitants, allant des 3ème et 8ème arrondissements de Lyon, à Bourgoin-Jallieu, en Isère.

« Notre objectif est que le carnet de santé devienne has-been », lance le docteur Jean-Pierre Enrione-Thorrand, co-porteur du projet. « Il se perd et véhicule des informations obsolètes très rapidement. Le CVE sera mis à jour en temps réel. Il générera également des alertes automatiques à l’approche d’une date de rappel ».

D’autres régions en test

Il pourra également être consulté par l’ensemble des professionnels de santé et permettra de connaître l’état vaccinal de la population française, selon le docteur Anne-Sophie Ronnaux-Baron, présidente du comité de pilotage d’Immuniser Lyon. « Plus la couverture vaccinale est élevée, plus on réduit le risque d’épidémie. Entre 2008 et 2014, 24.000 cas de rougeole ont été diagnostiqués en France. Dix personnes en sont mortes. Ces décès auraient pu être évités », plaide-t-elle.

Un premier bilan concernant le CVE sera réalisé en mars 2017. Si le procédé fonctionne, il devrait se généraliser à l’ensemble du territoire français. En attendant quatre autres régions devraient menées dans les prochains mois la même expérimentation : l’Aquitaine, l’Ile de France, la Bourgogne et l’Océan Indien.