Lyon : L'exposition qui compare le ballon rond à la religion

CULTURE A quelques semaines du coup d’envoi de l’Euro 2016, le musée Gadagne accueille l’exposition «Divinement Foot»...

Caroline Girardon

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Maillots fictifs présentés lors de l'exposition "Divinement Foot" AFP PHOTO / JEFF PACHOUD Lancer le diaporama
Maillots fictifs présentés lors de l'exposition "Divinement Foot" AFP PHOTO / JEFF PACHOUD — AFP

Le foot : l’opium du peuple ? « Quand on parle de football, on tombe très vite dans l’image religieuse : on évoque des lieux sanctuarisés, on voue un véritable culte à des idoles et on éprouve le sentiment d’appartenir à une communauté », constate Xavier de la Salle, directeur des Musées Gadagne.

A quelques semaines du coup d’envoi de l’Euro 2016, l’établissement accueille l’exposition « Divinement Foot » (jusqu’au 4 septembre) qui ose le parallèle entre le football et la religion. Une exposition coproduite par un réseau européen de musées et qui a déjà été présentée à Amsterdam, Bâle et Brême. Et qui filera ensuite vers Luxembourg, Barcelone et Moscou.

 

A travers les différentes salles du musée, les visiteurs, munis d’un audioguide, pourront répondre à un quiz ou camper le rôle d’un gardien de but lors d’une séance de penalties grâce à un petit jeu vidéo.

Ils pourront admirer des photos légendaires, des petits trésors prêtés par des supporters, des trophées semblables à des calices ainsi que des objets de dévotion comme cet autel dressé à la gloire de Maradona.

Ils découvriront également les rituels magiques chers à certaines équipes africaines. « Les joueurs du Togo pendant la Coupe du monde de 2006, avaient emmené des figurines aux pieds cadenassés, représentant leurs adversaires, explique Vincent Duluc, journaliste à L’Equipe, commissaire de l’exposition. Malheureusement ni les chaussures magiques d’Adebayor (attaquant vedette du Togo) ni les cérémonies vaudoues n’ont fonctionné puisque l’équipe a été éliminée au premier tour, encaissant trois défaites. »

Donner des clés de lecture

« Le football est un sujet très clivant : on adore ou on déteste », poursuit Anne Lasseur, en charge des collections du musée. « On voulait que les uns et les autres s’y retrouvent : les fans et ceux qui n’y connaissent rien. Pour ceux-là, on espère leur donner des clés de lecture afin qu’ils comprennent le phénomène et pourquoi pas qu’ils aient envie ensuite d’aller un jour voir un match dans un stade. »