Le train Wuhan-Lyon rouvre la route de la Soie

ECONOMIE Il s'agit du premier train de marchandises entre la ville chinoise et la capitale des Gaules. Le trajet a été effectué en 15 jours...

Caroline Girardon

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Le premier train de marchandises, reliant la ville de Wuhan à Lyon est arrivé le 21 avril dans le Rhône, après 15 jours de trajet. / AFP PHOTO / JEFF PACHOUD
Le premier train de marchandises, reliant la ville de Wuhan à Lyon est arrivé le 21 avril dans le Rhône, après 15 jours de trajet. / AFP PHOTO / JEFF PACHOUD — AFP

« On pourrait dire que c’est une goutte d’eau mais il s’agit d’un événement essentiel dans nos relations ». Alain Galliano, vice président de la Métropole de Lyon, en charge des relations internationales, était jeudi l’un des premiers à se féliciter de l’arrivée d’un train de marchandises, parti le 6 avril de la ville chinoise de Wuhan. Il y voit ainsi le « symbole de la réouverture de la mythique route de la Soie ».

Le convoi, chargé de 41 containers de matériel technique, de pièces automobiles ou électroniques, a mis 15 jours pour parcourir près de 11.500 kilomètres, traversant sept pays. Le trajet existe depuis quelque temps entre la Chine et Duisbourg, dans la Ruhr, mais la nouveauté réside dans sa prolongation jusqu’à Lyon.

Une bonne alternative

« Cette voie terrestre ferroviaire ouvre de nouvelles perspectives. Il faut entre 35 et 50 jours pour transporter la même marchandise par voie maritime, soit deux à trois fois plus de temps », ajoute Gilles Cheval, directeur territorial de la SNCF.

Perçue comme une bonne alternative au camion, au bateau et à l’avion, cette liaison « peut être déterminante pour la ville de Lyon car elle lui permet d’être connectée à la Chine », estime Jean-Charles Foodis, directeur de l’Aderly.

« Cela va faciliter les échanges économiques. Cela nous permettra d’attirer de nouvelles entreprises sur notre territoire. D’un autre côté, nos entreprises pourront peut-être s’implanter plus facilement sur le marché chinois. »

Une liaison touristique à terme ?

Ces dernières années, une vingtaine d’entreprises chinoises se sont implantées en région lyonnaise. Simultanément 80 entreprises lyonnaises se sont développées en Chine. Trois trains par semaine sont prévus entre la Chine et l’Europe, selon la métropole.

« Si la demande est là, et je n’en doute pas, on pourra envisager de programmer un train tous les jours », indique Alain Galliano, qui voit déjà plus loin : « J’ai demandé à la SNCF s’il était possible de réaliser un jour une liaison ferroviaire touristique entre Wuhan et Lyon. Rappelons que le nombre de visiteurs chinois augmente chaque année de 10 % à Lyon. »