Ligue 1: Pourquoi l'OL est-il si bidon depuis dix ans à Toulouse?

FOOTBALL Les Lyonnais, qui se rendent ce samedi (17 h 30) à Toulouse, restent sur six défaites et trois nuls en championnat au Stadium. Sidney Govou et Bryan Bergougnoux décryptent cette série noire pour « 20 Minutes »…

Jérémy Laugier

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A l'image de la déroute (3-0) subie en novembre 2012, les partenaires de Samuel Umtiti enchaînent les débâcles au Stadium depuis dix ans.
A l'image de la déroute (3-0) subie en novembre 2012, les partenaires de Samuel Umtiti enchaînent les débâcles au Stadium depuis dix ans. — PASCAL PAVANI / AFP

« Chaque équipe a un peu une bête noire et un stade où elle n’aime pas se déplacer », constate Bryan Bergougnoux. Pour l’OL, le Stadium de Toulouse est synonyme de désillusions depuis plus de dix ans. Avec 6 défaites, 3 nuls, et même 1 seul but inscrit pour 13 concédés lors des neuf dernières confrontations en Ligue 1, Lyon est en galère à chaque fois dans la ville rose. Une série qui tombe mal puisque les partenaires de Maxime Gonalons (4es) joueront une partie de leur avenir en Ligue des champions là-bas ce samedi (17 h 30).

Formé à Lyon et trois fois champion de France avec l’OL, Bryan Bergougnoux a enchaîné quatre saisons au Téfécé entre 2005 et 2009. « Toulouse a souvent su se sublimer à domicile dans les gros rendez-vous face à Paris, Marseille et Lyon, estime l’actuel capitaine du Tours FC. On mettait toujours beaucoup d’engagement car on savait que ça ne plaisait pas forcément aux Lyonnais. »

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L’excuse des sommets de Ligue des champions juste avant… ou pas

Titularisé en août 2007 lors d’une victoire toulousaine (1-0) marquée par le but à la dernière minute d’Elmander et la grave blessure au genou de Cris, Bryan Bergougnoux a aussi vécu avec le maillot violet le dernier succès lyonnais au Stadium (0-1) en novembre 2005. « Je me suis fracturé l’épaule pendant ce match dans un duel avec Djila Diarra. Il était trop costaud pour moi », sourit-il.

Sidney Govou avait inscrit le but vainqueur ce jour-là, avant cette malédiction tenace qu’il a lui aussi connue. « De mémoire, j’ai la sensation qu’on a souvent joué là-bas après des matchs de Ligue des champions », lance l’ancien attaquant international. Bien tenté Sidney mais non… Il y a uniquement eu un nul (1-1) en Ligue Europa à Prague disputé sans les titulaires, trois jours avant un sanglant (3-0) à Toulouse en novembre 2012.

Sidney Govou : « Il n’y avait pas beaucoup d’ambiance dans ce stade »

Sidney Govou ose une autre explication : « Je ne vais pas me faire des amis mais il n’y avait pas beaucoup d’ambiance dans ce stade et ça ne nous réveillait pas spécialement. » Un argument qui peut se tenir au vu des nombreux contextes européens électriques vécus par le septuple champion de France. De même, l’actuel entraîneur des U15 de l’OL pointe un autre phénomène : « Comme Rennes, Toulouse avait toujours une bonne équipe mais qui vivotait un peu en Ligue 1, avec peu de pression. Par contre, face à nous, elle jouait toujours à fond. »

Si bien que selon lui, ces rencontres au Stadium étaient « tout le temps des matchs étranges ». Avec parmi les péripéties les plus cultes, en plus de la rupture des ligaments croisés de Cris, l’expulsion prématurée de Kim Källström en 2007 (1-0), un but contre son camp d’Aly Cissokho en 2011 (2-0) et une prestation désastreuse de Fabian Monzon au poste d’arrière gauche en 2013 (3-0).

Sidney Govou : « Les séries durent car elles ont un impact psychologique »

Autant de souvenirs pouvant être vus comme des mauvais signes par le club lyonnais avant une journée charnière dans la lutte pour la deuxième place en Ligue 1 ? « Chaque saison est différente et chaque joueur pense à son histoire personnelle », assure Bryan Bergougnoux. Pour son ancien partenaire Sidney Govou, ce n’est pas aussi simple de passer au-dessus de pareille série noire. « Plus on en parle et plus les gens y pensent à l’OL. Les séries durent car elles ont un impact psychologique », confie Sidney Govou.

Autant dire qu’avec la dynamique actuelle d’un Téfécé relancé pour le maintien [3 victoires et 1 nul sur les 5 dernières journées], ce ne sera pas encore une partie de plaisir pour les joueurs de Bruno Genesio. « On sent que Pascal Dupraz a réussi à injecter auprès de ses joueurs beaucoup de caractère. En plus, Toulouse pourra se servir de cette série face à l’OL pour gonfler encore un peu plus sa confiance pour ce match », annonce Bryan Bergougnoux, qui aimerait que « les deux équipes puissent prendre les trois points ». L’un de ses deux anciens clubs pourrait perdre très gros ce samedi.

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