Ligue des champions: La Lyonnaise Aurélie Kaci décrypte le choc OL-PSG

FOOTBALL FEMININ La joueuse lyonnaise, passée par le PSG de 2012 à 2015, se confie à « 20 Minutes » avant la demi-finale aller de Ligue des champions entre les deux clubs français, ce dimanche (15 heures) au Parc OL…

Propos recueillis par Jérémy Laugier
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Aurélie Kaci a retrouvé son club formateur l'été dernier, avec lequel elle a participé à 26 rencontres cette saison. J.E.E
Aurélie Kaci a retrouvé son club formateur l'été dernier, avec lequel elle a participé à 26 rencontres cette saison. J.E.E — SIPA

Pour Aurélie Kaci, l’énième affrontement entre l’OL et le PSG aura forcément une saveur particulière ce dimanche [demi-finale aller de Ligue des champions à 15 heures au Parc OL]. A 26 ans, la milieu de terrain des Bleues a déjà eu le temps d’enchaîner les trophées avec son club formateur de 2006 à 2012 avant de filer durant trois saisons chez le rival parisien, puis de rentrer dans le Rhône l’été dernier. Pour 20 Minutes, elle se penche sur l’évolution des OL-PSG, marquée par la qualification européenne surprise des Parisiennes la saison passée.

En 2012, avez-vous rejoint le PSG afin d’obtenir plus de temps de jeu ou pour viser un autre challenge, après avoir tout raflé à Lyon [2 Ligues des champions, 6 titres en D1…] ?

Mon contrat se terminait alors à l’OL et on n’a pas réussi à s’entendre sur une prolongation. Je tenais à avoir plus de temps de jeu. Il y avait un beau projet à Paris et je voulais essayer de m’affirmer là-bas. Par contre, on n’en a jamais marre de gagner des titres (sourire).

Comment le PSG abordait-il les rendez-vous face à l’OL à cette époque ?

Paris venait juste de devenir professionnel donc il n’y avait pas encore cet état d’esprit compétitif qu’il y a désormais. Ce n’était pas un sentiment d’infériorité pour autant. Il y a toujours eu de l’excitation en tout cas car on aime disputer ces matchs difficiles.

Avez-vous senti une évolution dans la manière d’approcher ces matchs du côté parisien ?

Oui, complètement. Ce n’est que la 4e année de professionnalisation du PSG donc c’est sûr que Lyon avait de l’avance à ce niveau. Mais il y a eu de l’amélioration dans tout à Paris et ça s’est ressenti lors des dernières confrontations contre l’OL.

Et avant le double choc de Ligue des champions en novembre 2014, y avait-il une rage particulière dans le vestiaire parisien ?

Oui, ce n’était pas lié au fait d’affronter Lyon mais on tenait à continuer notre parcours en Ligue des champions. On sait très bien que les saisons sont longues et compliquées après la fin de la Coupe d’Europe. On avait perdu la saison précédente en 16es de finale et on voulait la gagner cette saison-là.

Maintenant que vous êtes revenue à Lyon, admettez-vous que le PSG a eu énormément de réussite lors de sa victoire à Gerland au retour (0-1) ?

Oui, clairement (sourire). C’est sûr que c’était un hold-up. On avait joué avec nos armes et on avait tenu bon avant de marquer sur l’une de nos rares actions. C’est aussi ça le foot.

Certaines joueuses lyonnaises ont trouvé que le PSG avait trop fêté sa qualification à Gerland suite à ce match…

(Rires) En même temps, c’était une première pour Paris d’accéder aux quarts-de-finale de la Ligue des champions. On avait perdu en championnat juste avant à Lyon et c’est sûr que c’était toujours bien de battre l’OL.

La rivalité grandissante entre ces deux clubs n’a-t-elle pas parfois entraîné des tensions lors des retrouvailles en équipe de France ?

Non, l’équipe de France n’a rien à voir avec les clubs. Nous sommes vraiment un groupe soudé. Moi j’ai un profil particulier car j’ai joué à Lyon et à Paris et je connais bien tout le monde.

Pourquoi être revenue à Lyon l’été dernier après ces trois saisons chez le rival de l’OL ?

Quand je suis partie à Paris, ce n’était pas encore le club rival de Lyon. Je suis revenue à l’OL pour me rapprocher de ma famille et de mes amis mais aussi pour gagner des titres. Malheureusement, je n’ai pas réussi à le faire à Paris et Lyon est le club où normalement on gagne le plus. A nous de le prouver.



 

Quelles sont les particularités dans l’approche d’une telle affiche en fonction du club dans lequel vous évoluez ?

Les approches sont forcément différentes en fonction des entraîneurs. On sait juste qu’il s’agit de gros matchs de Ligue des champions. Il n’y a pas grand-chose à dire pour que toute l’équipe soit motivée et excitée. C’est pour ces matchs-là qu’on joue au foot.

Finalement, quel camp a le plus la pression pour ce double affrontement, entre un OL habitué au succès et un PSG qui se doit d’enfin gagner quelque chose au vu de l’investissement des dirigeants ?

C’est une bonne question, je pense que c’est à peu près pareil (sourire).

Comment vivez-vous le fait d’évoluer en une semaine au Parc OL puis au Parc des Princes ?

C’est une chance de pouvoir jouer dans des stades comme ça. Déjà, on sait que les pelouses vont être géniales et que le public sera présent. On a hâte d’y être…