OL: «Rachid Ghezzal est obnubilé par la gagne», confie l’un de ses formateurs lyonnais

FOOTBALL L’international algérien est la révélation lyonnaise de cette deuxième partie de saison. Deux de ses anciens entraîneurs confient à « 20 Minutes » leur admiration pour sa patte gauche…

Jérémy Laugier
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Rachid Ghezzal, ici face au défenseur nantais Oswaldo Vizcarrondo, a combiné 7 buts et 4 passes depuis le mois de janvier avec l'OL. Jeff Pachoud
Rachid Ghezzal, ici face au défenseur nantais Oswaldo Vizcarrondo, a combiné 7 buts et 4 passes depuis le mois de janvier avec l'OL. Jeff Pachoud — AFP

En début de saison, aucun observateur de l’OL n’aurait pu imaginer voir Rachid Ghezzal élu par les supporters à deux reprises meilleur joueur lyonnais du mois. Ces titres honorifiques en janvier et mars sont pourtant pleinement justifiés, au vu de ses 7 buts et 4 passes décisives [toutes compétitions confondues] lors des trois derniers mois. Un impact incroyable dans la remontée de l’OL [2e bilan en L1 à trois points du PSG depuis la trêve] pour un joueur ne comptant que 2 buts et 5 passes décisives en championnat depuis ses débuts professionnels en 2013.

La qualité de la patte gauche du natif de Décines ne date pourtant pas d’hier. « Il était au-dessus du lot grâce à son pied gauche magnifique, indique Ahmed Bejaoui, qui a entraîné Rachid Ghezzal des débutants aux benjamins au FC Vaulx-en-Velin. Franchement, ses passes tombaient toujours pile poil dans les pieds de ses copains. » Si bien que l’OL a cherché à l’enrôler dès l’âge de 8 ans.

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« Rachid avait un petit caractère de cochon »

« Je n’étais pas d’accord et j’en ai avisé sa maman. C’était un gentil garçon mais il avait un petit caractère de cochon et il fallait d’abord qu’on le calme un peu », se remémore Ahmed Bejaoui, qui a conseillé à la famille Ghezzal d’attendre une perspective de sport études pour rejoindre le prestigieux voisin lyonnais. C’est chose faite à 12 ans. Alors entraîneur des U13 de l’OL, Cyrille Dolce voit débarquer un garçon « un peu frêle », qu’il place rapidement sur l’aile droite, « excentré en faux pied ». « C’est amusant de voir qu’après avoir été plutôt utilisé comme numéro 10 avec les pros, il revient au poste qui était le sien en pré-formation avec nous », constate le formateur.

Il tombe lui aussi rapidement sous le charme du pied gauche de « Rachon », qui évolue alors aux côtés de Jordan Ferri, mais aussi de Mehdi Zeffane [parti à Rennes] et de Bouna Sarr [actuellement à l’OM]. « Il était déjà capable de réaliser des dribbles courts mais il ne parvenait pas à créer des différences entre les lignes comme il le fait actuellement, analyse Cyrille Dolce. Rachid n’était pas encore construit physiquement. Il manquait surtout de puissance dans les jambes pour frapper de loin. »

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« Rachid est libéré et il vole maintenant sur son aile »

Lorsqu’on fait remarquer à l’actuel coach des U15 de l’OL que ses partenaires d’attaque Maxwel Cornet et Nabil Fekir utilisent plus volontiers leur pied faible, il ne voit pas cette quasi-exclusivité de gaucher comme un véritable défaut chez son ancien protégé. « Mieux vaut avoir un très bon pied gauche que deux pieds moyens. Il s’en sert comme d’une main et je ne me dis pas que j’ai raté quelque chose avec lui concernant son pied droit », assure Cyrille Dolce. Mieux, celui-ci le trouve « de plus en plus imprévisible » dans ses choix de frappes depuis l’aile droite, à l’image de son but à Lorient dimanche (1-3). « Avec le maniement de sa cheville, il est capable de croiser et de décroiser ses tentatives, précise-t-il. Et il dégaine vite malgré ses grands segments. »

Sa « nouvelle dimension » et sa confiance acquises grâce à la nomination de Bruno Genesio comme entraîneur principal font de l’international algérien de 23 ans un joueur transfiguré, très constant lors de ses 11 titularisations en Ligue 1 depuis janvier. « Rachid, c’est vraiment l’élégance et l’aisance. Il est libéré et il vole maintenant sur son aile », admire Cyrille Dolce. Un artiste mais aussi un battant. « C’est son mental de compétiteur qui m’a frappé en premier. Il est obnubilé par la gagne et il devient bougon s’il ne l’emporte pas », sourit le formateur lyonnais, qui voit même en Ghezzal « l’âme d’un capitaine ». Une future étape dans sa si surprenante évolution ?