Lyon: La ministre du Logement annonce la pérennisation de places d'hébergement d'urgence

HÉBERGEMENT Emmanuelle Cosse a promis de maintenir 2.300 places, dont 500 en Rhône-Alpes, pour éviter les remises à la rue de personnes sans abri…

Elisa Frisullo

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Luon, le 29 mars 2016. La ministre du Logement Emmanuelle Cosse a visité un centre d'hébergement d'urgence et rencontré plusieurs acteurs de la lutte contre le mal logement.
Luon, le 29 mars 2016. La ministre du Logement Emmanuelle Cosse a visité un centre d'hébergement d'urgence et rencontré plusieurs acteurs de la lutte contre le mal logement. — E. Frisullo / 20 Minutes

La fin de la période hivernale ne sera pas synonyme de remises à la rue dans le Rhône pour les centaines de personnes accueillies dans les centres d’hébergement d’urgence. Ainsi l’a annoncé ce mardi matinla ministre du Logement et de l’habitat durable, en visite à Lyon à quelques jours de la fin de la trêve des expulsions locatives.

Comme l’avait fait avant elle, en 2012 entre Rhône et Saône, Cécile Duflot, chargée alors du même ministère, Emmanuelle Cosse a une nouvelle fois assuré qu’il en était fini de « la gestion au thermomètre » de l’hébergement.

Le Fort Saint-Laurent à la Croix-Rousse pérénnisé

« L’Etat continue son plan de pérennisation des places d’hébergement. Pour 2016, il y en aura 2.300 supplémentaires (sur 10.000). C’est un effort constant. En quatre ans, on a réussi à pérenniser quasiment 35.000 places », a indiqué la ministre. Dans le Rhône, où 1.200 places ont été mobilisées pendant l’hiver pour mettre à l’abri des personnes sans domicile, 366 places seront donc conservées durablement, et 500 en Rhône-Alpes.

Le fort Saint-Laurent à la Croix-Rousse, géré par le Foyer Notre-Dame des Sans-abri, où sont logées depuis novembre 90 personnes, sera ainsi pérennisé, a annoncé Emmanuelle Cosse. Pour les centaines de personnes actuellement accueillies en hébergement d’urgence ou à l’hôtel (plus de 550), les structures ouvertes pour l’hiver fermeront progressivement, selon les autorités.

Une fermeture progressive selon la préfecture

« Il est hors de question de fermer ces places brutalement », a ajouté le préfet du Rhône Michel Delpuech. « On ne laissera pas les gens sans solution », a renchéri la ministre, qui lors de son déplacement, a rencontré les représentants de plusieurs associations mobilisées sur la problématique du mal logement (Alpil, Maison de l’Habitat, Fondation Abbé Pierre, Foyer Notre-Dame des Sans-Abri). A quelques jours de la reprise des expulsions locatives, ces derniers ont rappelé leur volonté de voir la politique du logement figurer parmi les priorités de l’Etat.

« Ce gouvernement a chaque année réitéré sa volonté de mettre fin à la gestion hivernale de l’hébergement. Il a mis des moyens. Mais il y a encore des personnes qui dorment dans des gymnases, et dans ce pays riche, nous ne sommes pas capables d’apporter une solution à tout le monde. On peut faire mieux. », a indiqué le directeur général de la Fondation Abbé-Pierre Christophe Robert, lançant un cri d’alarme pour que soit enfin endiguée « cette spirale de l’exclusion liée au logement ».

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Prévenir le plus en amont possible les expulsions

Consciente « de l’importance du mal logement » en France, Emmanuelle Cosse a rappelé les actions déployées par l’Etat pour pérenniser des places en hébergement d’urgence, construire des logements sociaux abordables et prévenir les expulsions locatives.

« Plus on prévient les expulsions et les impayés de loyers, moins les ménages vont tomber dans la précarité. Plus on réagit en amont, moins on aura, demain, des situations de grande détresse sociale », a indiqué la ministre du Logement. Pour prévenir les expulsions, un décret paru le 16 mars prévoit notamment la mise en place dans chaque département d’une antenne dédiée à cette problématique.

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Dans le Rhône, en 2015, plus de 4.600 assignations pour des expulsions locatives ont été notifiées. Au final, 251 ménages ont été expulsés. « Jusqu’au dernier moment, tout est mis en œuvre pour éviter d’en arriver là », a ajouté Michel Delpuech. Les travailleurs sociaux et les huissiers sont notamment plus sensibilisés pour repérer les ménages en situation de détresse.