Pédophilie : Les «ateliers du goût» étaient un «jeu» pour l'instituteur de Villefontaine

FAITS DIVERS Un an après l'arrestation du directeur d'école, les conclusions des experts psychiatriques sont accablantes...

Caroline Girardon
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Une centaine de personnes se sont rassemblees devant l’ecole de Saint-Clair-de-la-Tour pour manifester leur colere suite a l’affaire de pedophilie de Villefontaine. Romain Farina, l’ex-directeur d’ecole du Mas-de-la-Raz, a exerce a Saint-Clair-de-la-Tour en 2011-2012, ou il avait en charge les CE1. Quatre ecoliers sont d’ailleurs des victimes presumees. 
Saint-Clair-de-la-Tour, FRANCE-11/04/2015/ALLILIMOURAD_1317.019/Credit:Mourad Allili/SIPA/1504111341
Une centaine de personnes se sont rassemblees devant l’ecole de Saint-Clair-de-la-Tour pour manifester leur colere suite a l’affaire de pedophilie de Villefontaine. Romain Farina, l’ex-directeur d’ecole du Mas-de-la-Raz, a exerce a Saint-Clair-de-la-Tour en 2011-2012, ou il avait en charge les CE1. Quatre ecoliers sont d’ailleurs des victimes presumees. Saint-Clair-de-la-Tour, FRANCE-11/04/2015/ALLILIMOURAD_1317.019/Credit:Mourad Allili/SIPA/1504111341 — SIPA

« Une inquiétante légèreté ». Lorsqu’on l’interroge sur les raisons qui l’ont poussé à violer les enfants de sa classe de CP, Romain F. ancien directeur de l’école de Villefontaine parle « sans affect », montrant une « absence totale de sens critique et de réflexion », selon les experts psychologiques et psychiatriques qui l’ont examiné.

Leur rapport est ainsi accablant, comme le révèle Le Parisien. Un an après son arrestation, ce père de famille, suspecté d’agressions sexuelles et de viols, se définit lui-même comme pédophile affirmant « que c’était plus fort » que lui, qu' « il n’aurait pas choisi ». Mais il aurait tenté à plusieurs reprises de rejeter la faute sur des tierces personnes.

Comme une boulimie

Le fait qu’il consultait des images pédopornographiques de façon compulsive ? Qu’il se mettait en scène dans de sordides montages photo où il collait parfois le visage de ses victimes ou de bébés ? Qu’il avait emmagasiné plus de 28.000 clichés d’une rare violence dans son ordinateur ? Qu’il photographiait ses élèves lors de sortie à la piscine ? L’instituteur le met sur le compte d’une vie sexuelle décevante avec son épouse. Il évoque « le harcèlement de ses collègues » enseignants.

Il évoque aussi une boulimie, parle d’heures passées devant l’ordinateur jusqu’à en oublier de manger même lorsque son épouse fait le deuil de l’un de leurs jumeaux décédé à l’âge de sept mois, et veille leur petite fille, à la santé très fragile.

« Ma petite fantaisie »

L’instituteur aurait tendance à banaliser les faits. « Ce désir-là, c’était ma petite fantaisie à moi », aurait-il lâché aux experts, selon le quotidien. Quant aux « ateliers du goût » durant lesquels ils bandaient les yeux de ses élèves pour leur imposer des fellations ? « Un jeu », une « dégustation ».

« Je pensais naïvement que ça n’aurait pas de conséquence, comme un gamin qui a une idée débile et la met en pratique », aurait-il confessé avant d’ajouter que le fait de cacher les yeux de ses victimes était « bizarre pour un enfant ». « Mais ça passe », a-t-il conclu.

Elevé par un père alcoolique et colérique et une mère dépressive, l’instituteur aurait vécu une adolescence douloureuse sans toutefois subir d’agressions sexuelles, précisent les experts. Sa vie affectueuse aurait été désertique jusqu’à ce qu’il rencontre sa future femme, à l’âge de 27 ans. Il ne souffre néanmoins d’aucune pathologie psychiatrique.