Pédophilie dans l'église: Valls demande à l'archevêque Barbarin de prendre ses responsabilités

SCANDALE Le Premier ministre s'est exprimé sur ces affaires ce mardi matin sur RMC....

E.F. avec AFP
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Le Premier ministre Manuel Valls à Paris, le 25 février 2016
Le Premier ministre Manuel Valls à Paris, le 25 février 2016 — THOMAS SAMSON AFP

Jusqu'alors, aucun membre du gouvernement ne s'était exprimé sur le scandale qui fait vaciller l'église lyonnaise. Ce mardi matin, le Premier ministre Manuel Valls a demandé au cardinal Philippe Barbarin de «prendre ses responsabilités», alors que le diocèse de Lyon et son archevêque sont accusés d'avoir tu des agissements passés de prêtres pédophiles.

«Le seul message que je peux faire passer, sans prendre sa place, sans me substituer à l'Eglise de France, sans prendre la place des juges, car une enquête est aujourd'hui ouverte, c'est de prendre ses responsabilités. C'est à lui de prendre ses responsabilités, de parler, et d'agir», a affirmé le locataire de Matignon sur RMC.



Parler, agir, démissionner ?, lui demande-t-on. «C'est sa responsabilité, mais il faut qu'il entende aussi cette douleur», a poursuivi le chef du gouvernement.

«Il doit comprendre la douleur»

«J'attends non seulement des mots mais aussi des actes», avait-il indiqué un peu plus tôt. «Qu'il prenne ses responsabilités ! Je respecte la présomption d'innocence. Je ne suis pas juge, je suis chef du gouvernement, je fais attention à tous les mots que je veux prononcer, mais un homme d'Eglise, cardinal, primat des Gaules, qui a une influence morale, intellectuelle, qui exerce une responsabilité majeure dans notre société, doit comprendre la douleur», a insisté le Premier ministre.

M. Valls s'est dit «touché et bouleversé par les témoignages qu('il) entend et qu('il) li(t). Il faut d'abord penser aux victimes de ces actes abominables. Elles trouvent le courage, plusieurs années après, de parler. C'était enfoui. Il y a eu une confiance qui a été brisée avec ces prêtres, une trahison profonde, psychique, morale, avec des dégâts considérables dans la vie de ces hommes», a-t-il relevé.



Manuel Valls demande de la clarté et des actes

«Et donc il faut de la clarté, pas seulement de la compassion, il faut des actes, il faut des gestes. Si ce débat avait concerné - et ça a concerné - des directeurs d'école, des élus, qui n'auraient pas pris leur responsabilités par rapport à des animateurs ou des enseignants qui sont en contact avec la jeunesse, qu'aurions-nous dit ? Nous aurions été impitoyables», a jugé l'ancien maire d'Evry (Essonne).