A45 Lyon-Saint-Etienne: Les acteurs économiques rappellent l'urgence de ce projet

INFRASTRUCTURE Les acteurs économiques de la Loire, de la Haute-Loire et du Rhône appellent les collectivités et l’Etat à concrétiser ce projet… 

Elisa Frisullo
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L'A45 est censée relier Lyon à Saint-Etienne dès 2020.
L'A45 est censée relier Lyon à Saint-Etienne dès 2020. — google maps

Vingt-trois ans après la déclaration d’utilité publique, le projet d’A45 entre Lyon et Saint-Etienne peine toujours à devenir réalité. Alors que ce jeudi soir, Saint-Etienne Métropole doit se prononcer sur sa participation financière au chantier et que l’Etat doit rendre fin avril sa décision concernant le futur concessionnaire de l’autoroute, les acteurs économiques de la Loire, de la Haute-Loire et du Rhône ont rappelé l’urgence de ce projet.

Cette liaison est censée relier dès 2020, en une demi-heure, Lyon à Saint-Etienne et venir ainsi désengorger l’actuelle A47, une autoroute vétuste fréquentée par plus de 100.000 voitures par jour et en permanence saturée. « L’objectif est d’avoir une liaison directe et sûre entre Lyon et Saint-Etienne, il n’y a pas d’autre alternative. La réalisation de l’A45 doit être un investissement prioritaire pour notre territoire et notre métropole », a insisté André Mounier, à la tête de la délégation Loire Sud de la CCI Lyon métropole Saint-Etienne Roanne, lors d’une réunion organisée ce jeudi à Lyon.

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Attendu de longue date par le monde économique

« Nous n’avons jamais été aussi près du but. Nous appelons les collectivités et l’Etat à conforter la Métropole dans sa dynamique européenne, notamment par la réalisation de cette infrastructure qui reliera les deux grands pôles de la métropole à l’image de la "diagonale" à Barcelone », a ajouté Philippe Valentin, en charge de la délégation lyonnaise de la CCI.

Pour les acteurs économiques et les syndicats patronaux (Medef et CGPME), présents ce jeudi, cet axe autoroutier entre Brignais et la Fouillouse, attendu de longue date par les TPE et PME, est indispensable pour faciliter les échanges économiques entre Lyon et Saint-Etienne et ainsi favoriser l’attractivité de la métropole et de la grande région, à l’échelle européenne.

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« Nos entreprises en ont besoin. Toutes les villes d’Auvergne-Rhône-Alpes sont reliées à Lyon par une route de bonne qualité, sauf Saint-Etienne. Ce n’est pas acceptable. On ne peut pas avoir l’A7 en permanence bouchée, l’A47 saturée, alors que l’on est la première région industrielle de France. On ne peut pas plus attendre plus longtemps », a martelé le président de la CCI de Rhône-Alpes Jean-Paul Mauduy.

Des pertes de 500 millions par an

L’A45 doit également permettre d’améliorer la sécurité des trajets sur l’axe Lyon et Saint-Etienne, aujourd’hui très accidentogène, fréquemment fermé pour cause d’accidents ou de débordements du Gier, selon les acteurs économiques. « La saturation et l’obsolescence de l’A47 entraînent des pertes chiffrées par l’Etat à 500 millions d’euros par an. On aurait pu financer dix A45 depuis tout ce temps », ajoute André Mounier.

Au total, la future autoroute, contestée par plusieurs élus et le président du Nouveau Rhône, Christophe Guilloteau, est évaluée à 1,2 milliard d’euros. L’Etat, qui est censé confirmer son engagement financier d’ici à fin avril, a prévu d’apporter 430 millions d’euros, Saint-Etienne Métropole et le Conseil départemental de la Loire 432 millions d’euros.

Le président LR d’Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez a annoncé récemment que la région participerait à hauteur de 100 millions d’euros. Le budget de financement devrait être bouclé par le futur concessionnaire.