Yoko Ono: Rétrospective à Lyon sur «l'artiste inconnue la plus célèbre du monde»

ART CONTEMPORAIN Le musée d'art contemporain de Lyon consacre une exposition de quatre mois (9 mars-10 juillet) à la veuve de John Lennon...

Caroline Girardon
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Lyon, le 8 mars 2016
Le musée d'art contemporain de Lyon consacre pour la première fois en France, une rétrospective des oeuvres de Yoko Ono. (du 9 mars au 10 juillet 2016)
Lyon, le 8 mars 2016 Le musée d'art contemporain de Lyon consacre pour la première fois en France, une rétrospective des oeuvres de Yoko Ono. (du 9 mars au 10 juillet 2016) —

John Lennon aimait dire d’elle qu’elle était « l’artiste inconnue la plus célèbre du monde ». A 83 ans, Yoko Ono, veuve du Beatles, aura droit à sa première rétrospective en France, « Lumières de l’aube ». A compter de mercredi et jusqu’au 10 juillet, le musée d’art contemporain de Lyon expose une centaine d’œuvres de l’artiste japonaise, qu’elles soient majeures ou encore inédites, couvrant ainsi 64 ans de carrière.

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« Les rétrospectives qui lui sont consacrées n’ont pas été nombreuses. La France est loin d’être un pays d’exception. Au contraire, c’est peut-être l’un des plus suspicieux à cause de vieilles histoires », explique Thierry Raspail, le directeur du musée.

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«Son voyage de noces transformé en réquisitoire pour la paix a été décrié. Ses prises de position n’étaient jamais prises au sérieux. Elles étaient soit considérées comme ridicules, soit inutiles. Yoko Ono a été négligée car elle passait pour celle qui avait tué définitivement les Beatles. Si cette exposition peut contribuer à restaurer un peu son image… », poursuit-il.

John Lennon présent à chaque étage

Car les visiteurs découvriront enfin qui elle est réellement. Oui, il sera beaucoup question de John Lennon, l’amour de sa vie. On y verra des vestes trouées par les balles rappelant les vêtements qu’il portait le jour de son assassinat ; les portes de l’immeuble new-yorkais au pied duquel le chanteur a été abattu, dans lequel Yoko Ono habite toujours ; des lunettes rondes tachées de sang. Mais pas seulement.

Les visiteurs découvriront une artiste toujours aussi engagée et complète qui manie la vidéo, les arts plastiques, la poésie ou encore la musique. « A trois ans, ses parents l’ont inscrite dans une école expérimentale où elle a appris à transcrire en note de musiques, les sons qu’elle entendait. Elle a une vraie réflexion sur ce qu’est une œuvre d’art », précise Thierry Raspail

« L’imaginaire du public marche à fond »

Son originalité : l’invention des « instructions ». L’artiste donne un mot. Aux visiteurs, cinéastes ou musiciens de créer la suite. « Le texte va devenir l’œuvre. Elle fait en sorte que l’imaginaire du public marche à fond. En résumé, son œuvre est moins dans l’incarnation que dans le potentiel de création qu’elle engendrera ».