Apologie du terrorisme : Le procès de l'enseignante lyonnaise reporté au 1er juin

JUSTICE Le jeune femme, qui devait comparaître ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Lyon, a tenté de mettre fin à ses jours...

Caroline Girardon

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Le nouveau palais de justice de Lyon, le 14 juin 2011. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES
Le nouveau palais de justice de Lyon, le 14 juin 2011. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Elle devait venir s’expliquer devant la justice. Expliquer pourquoi elle avait envoyé des courriels faisant l’apologie du terrorisme. Mais cette future enseignante, jeune professeur stagiaire, décrite comme « instable » et « dépressive » ne s’est pas présentée à la barre.

La jeune femme de 24 ans, aurait tenté de mettre fin à ces jours ce mercredi. L’audience prévue devant le tribunal correctionnel a donc été renvoyée au 1er juin. Et une expertise psychiatrique a par ailleurs été demandée.
 

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L’enseignante, professeur à l'Ecole supérieure du professorat et de l'éducation (ancien IUFM) avait envoyé cinq mails entre le 23 septembre 2015 et le 5 janvier dernier, dans lequel elle menaçait le personnel de l’établissement ainsi que des élèves « catholiques ».

« L’éducation occidentale est corrompue. Mes frères djihadistes et moi allons nous occuper de vous. Je vais nettoyer cette école. Plus d’étudiant ça servira d’exemple (…) Les chrétiens seront prioritaires. Je veux un feu de joie », pouvait-on lire dans l’un des courriels.

Démasquée par l’adresse IP d’un ordinateur

Si les enquêteurs ne sont pas parvenus à remonter jusqu’à l’expéditeur des mails dans un premier temps, ils ont fini par établir qu’ils avaient été envoyés d’un ordinateur installé dans la bibliothèque des sciences de l’université Lyon 1. Et ainsi à démasquer la jeune femme, originaire de la Réunion, elle-même catholique.

Lors de sa garde à vue, la future enseignante en mathématiques a livré des explications confuses : suite à une altercation avec un groupe de jeunes dans la rue au sujet de sa religion, elle aurait décidé d' « alerter sur ce que subissent les catholiques ».

Du traumatisme à la peur de représailles

« Lorsque l’on reçoit ce type de mails, on est en droit de s’interroger sur la personnalité de cette dame, a réagi Alain Mouniotte, directeur de l’Espé à la sortie du tribunal. Depuis quatre mois, on a réactivé les dispositifs de sécurité. Il y a quelque chose qui plane. C’est difficile psychologiquement de vivre avec cela. On souhaite que cette affaire soit jugée rapidement afin de prendre les dispositions nécessaires pour neutraliser d’éventuels dangers ».

« Le personnel a été gravement traumatisé. A cela, succède aujourd’hui l’angoisse des représailles, précise Jean-Jacques Rinck, leur avocat qui s’était opposé à la demande d’expertise psychiatrique. Cette personne est quand même en master de mathématique, elle a réussi le Capes. Elle a utilisé des mécanismes astucieux pour ne pas être repérée. Cela suppose une certaine intelligence ».

L’avocat de la défense n’a pas souhaité faire de commentaires.