Ligue Europa: Les cinq raisons pour l'ASSE de se méfier du FC Bâle

FOOTBALL Face à des Suisses très expérimentés sur la scène européenne, les Verts auront fort à faire ce jeudi (19 heures) lors du 16e de finale aller de Ligue Europa…

Jérémy Laugier

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Ici face à Belenenses en Ligue Europa, Walter Samuel a annoncé qu'il s'agissait de la dernière saison de sa carrière avec le FC Bâle.
Ici face à Belenenses en Ligue Europa, Walter Samuel a annoncé qu'il s'agissait de la dernière saison de sa carrière avec le FC Bâle. — FABRICE COFFRINI / AFP

Les Verts l’ont bien compris : il est impossible de réduire les qualités du FC Bâle aux fulgurances de son attaquant de 19 ans Breel Embolo. Ce jeudi (19 heures), l’ASSE aura face à elle en 16e de finale de Ligue Europa un redoutable adversaire pour (au moins) cinq autres raisons.

Bâle écrabouille son championnat à la manière du PSG

Mine de rien, le FC Bâle file tranquillement vers son 7e titre de champion consécutif, et même le 11e sur les 15 dernières saisons. Comme ultime preuve de leur ultra-domination, les hommes d’Urs Fischer ont massacré dimanche leur dauphin (le Grasshoper Zurich) à l’extérieur (0-4). « Quand je vois qu’en plus, Bâle a évolué à dix pendant une heure, je me pose de sérieuses questions sur l’attrait du championnat », souligne l’ancien défenseur helvète de Liverpool Stéphane Henchoz.

Pas de doute, avec désormais 15 points d’avance en tête, les Bâlois sont à la Super League ce qui le PSG est à la Ligue 1. Autant vous dire que la Ligue Europa est clairement devenu leur objectif principal de fin de saison.

Les plus grands talents partent, la qualité reste

Le FC Bâle peut également être comparé au FC Porto, au vu de sa faculté à exister sur la scène européenne tout en étant dépouillé chaque été. Après avoir notamment cédé depuis dix ans Rakitic (à Shalke 04) Caicedo (à Manchester City), Shaqiri (au Bayern Munich), Xhaka (à Monchengladbach), Dragovic (au Dynamo Kiev) et Salah (à Chelsea), le club suisse a aussi laissé partir son milieu égyptien Mohamed Elneny à Arsenal (pour plus de 6 millions d’euros).

« C’est impressionnant car chaque année, on se dit qu’il ne reste plus vraiment de grands joueurs à Bâle. Et finalement, le club n’a jamais autant dominé le championnat, grâce par exemple à une bonne détection dans des pays oubliés comme la République tchèque (Vaclik et Suchy) », constate Laurent Favre, responsable de la rubrique sportive au journal Le Temps. « Je ne les trouve pas exceptionnels mais ils sont solides dans tous les compartiments du jeu », commplète Stéphane Henchoz, actuellement entraîneur adjoint à Neuchâtel Xamax.

>> A lire aussi : Qui est Breel Embolo, la nouvelle star du football suisse ?

Des abonnés aux grands rendez-vous européens

Il est peu probable que Bâle soit impressionnée par le contexte du Chaudron ce jeudi en Ligue Europa. Depuis plusieurs saisons, les Suisses ont en effet été capables d’éliminer de la phase de poules de Ligue des champions Manchester United (2011-2012) et Liverpool (2014-2015), de remporter un 8e de finale aller (1-0) face au Bayern Munich (en 2012, avant un naufrage 7-0 au retour) ou encore d’accéder aux demi-finales de Ligue Europa en 2013.

« Il ne faut pas s’imaginer des petits Suisses à la découverte de l’Europe. Cette équipe est totalement décomplexée et elle n’aura pas peur de Saint-Etienne », annonce Laurent Favre.

L’Argentin Walter Samuel est éternel

S’il y en a un qui ne redoutera pas un 16e de finale de Ligue Europa dans le Chaudron, c’est bien Walter Samuel. A 37 ans, le défenseur argentin trimballe toujours sa grinta (à défaut de vitesse) sur les pelouses d’Europe avec le FC Bâle.

Cet éphémère « Galactique » du Real Madrid (2004-2005) a été essentiel dans la surprenante victoire en Ligue des champions de l’Inter Milan de Jose Mourinho (2010). Autant vous dire que Roux, Monnet-Paquet et Tannane auront face à un eux une légende du vice défensif ce jeudi.

Un « escabeau » pour lutter face à Janko ?

Les amateurs des punchlines les plus cultes de Raymond Domenech (pas forcément nombreux dans le Forez) auront sans doute esquissé un sourire en découvrant que l’avant-centre bâlois se nommait Marc Janko. Cet obscur international autrichien de 32 ans, passé récemment par Trabzonspor et Sydney, a connu l’un de ses moments de gloire le 6 septembre 2008. L’attaquant d’1,96 m avait ce jour-là semé la panique lors de chaque coup de pied arrêté du premier match de qualification pour la Coupe du monde 2010 Autriche-France (3-1).

L'actuel meilleur réalisateur du championnat suisse (13 buts en 16 matchs) avait ainsi provoqué un but contre son camp et un pénalty de Philippe Mexes, flinguant au passage sa carrière internationale sous l’ère Domenech. « Il n’y avait pas grand-chose à faire mis à part prendre un escabeau pour se battre avec leurs grands dans les airs », avait déclaré le sélectionneur des Bleus suite à cette défaite. Pour une fois, Moustapha Bayal Sall aura donc un adversaire direct de son gabarit.