Lyon: Le prêtre mis en examen pour «agressions sexuelles» sur des scouts

JUSTICE L'homme de 70 ans, présenté au parquet ce mercredi, a également été placé sous statut de témoin assisté pour des «viols» présumés...

E.F. avec AFP

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Le nouveau palais de justice de Lyon, le 14 juin 2011. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES
Le nouveau palais de justice de Lyon, le 14 juin 2011. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Il a livré une véritable confession aux enquêteurs. Le prêtre lyonnais soupçonné d’agressions sexuelles sur de jeunes scouts il y a plus de 25 ans a été mis en examen mercredi et placé sous contrôle judiciaire. « Mon client a reconnu les faits qui lui ont été reprochés devant le juge d’instruction » à l’issue de sa garde à vue, entamée lundi», a précisé Me Frédéric Doyez, son avocat.

Le père Bernard Preynat, aujourd’hui septuagénaire, fait l’objet d’une information judiciaire ouverte pour « agressions sexuelles et viols sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité » concernant quatre victimes « pour des faits susceptibles de s’étaler de 1986 à fin 1991 », selon une source judiciaire.

Des fellations imposées par le prêtre à d’autres mineurs

Sa mise en cause fait suite à des plaintes déposées en mai 2015 par plusieurs quadragénaires, anciens scouts du groupe indépendant Saint-Luc. Une enquête préliminaire avait été ouverte l’été dernier par le parquet de Lyon sur des faits d’agressions sexuelles. Selon son avocat, l’homme d’église a également été « placé sous le statut de témoin assisté » ce mercredi concernant des « viols » présumés sur trois autres mineurs.

« Cela résulte des déclarations du mis en cause (lors de sa garde à vue, ndlr) et ce serait des fellations. Ces victimes ne sont pas très précisément identifiées », a précisé une source judiciaire.

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Le père Preynat, très apprécié à l’époque et décrit comme « charismatique », réside au couvent des Petites-Soeurs de Saint-Joseph de Montgay à Fontaines-sur-Saône, au Nord de Lyon, depuis septembre 2015.

Les autorités religieuses informées depuis 1991 selon le religieux

Il a encadré le groupe Saint-Luc pendant une vingtaine d’années, du début des années 1970 à 1991 à Sainte-Foy-lès-Lyon, dans la banlieue ouest de Lyon. Après avoir été écarté du groupe de scouts à la suite d’un signalement d’une famille au cardinal Albert Decourtray, alors Primat des Gaules, il a ensuite continué à être en contact avec des enfants, auxquels il enseignait le catéchisme. Jusqu’à ce que l'affaire ressurgisse l'été passé, il était responsable de plusieurs paroisses dans le Roannais.

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Plusieurs hommes affirmant avoir été victimes du prêtre, des quadragénaires aujourd’hui, se sont rassemblés au sein d’une association, La Parole Libérée, afin de « rompre l’omerta » entourant ces faits. Sur leur site internet, ces victimes présumées avaient publié, il y a quelques semaines, des témoignages poignants d'anciens scouts ainsi qu'une lettre manuscrite du père Preynat, en forme d'aveux.

Devant le juge, le prêtre a déclaré, selon son avocat, « que les faits étaient connus par les autorités ecclésiastiques depuis 1991 ».