Lyon: La garde à vue du prêtre soupçonné d'agressions sexuelles prolongée

ENQUÊTE L'homme d'église doit être confronté à certaines de ses victimes présumées...

E.F. avec AFP

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Deux victimes présumées d'un prêtre du diocèse de Lyon, interpellé et placé en garde-à-vue le 25 janvier 2016, près de 25 ans après les faits.
Deux victimes présumées d'un prêtre du diocèse de Lyon, interpellé et placé en garde-à-vue le 25 janvier 2016, près de 25 ans après les faits. — E. Frisullo / 20 Minutes

Il devrait croiser le regard de ses victimes présumées qu’il n’a pas revues depuis près de vingt-cinq ans. La garde à vue de Bernard Preynat, le prêtre lyonnais soupçonné d’agressions sexuelles sur de jeunes scouts au début des années 90, a été prolongée mardi, avant un déferrement devant un juge prévu mercredi.

Le parquet a décidé de prolonger sa garde à vue et d’ouvrir une information judiciaire mercredi. Ces nouvelles heures de garde à vue vont être notamment mises à profit pour confronter l’homme d’église à des hommes qui se disent victimes d’attouchements.

Des soupçons d’agressions sexuelles sur au moins trois mineurs

Le septuagénaire, qui réside au couvent des Petites-Soeurs de Saint-Joseph de Montgay à Fontaines-sur-Saône, au Nord de Lyon, depuis septembre 2015, est entendu par les policiers de la brigade de la protection de la famille de la Sûreté départementale.

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Très apprécié à l’époque par les familles, ce prêtre, décrit comme « charismatique », est soupçonné d’agressions sexuelles sur au moins trois mineurs, ex-membres d’un groupe scout indépendant qu’il a encadré pendant une vingtaine d’années, du début des années 1970 à 1991 à Sainte-Foy-lès-Lyon, dans la banlieue ouest de Lyon.

Au contact des enfants malgré l’alerte donnée par une famille

Le prêtre, qui était doyen de plusieurs paroisses dans le Roannais jusqu’en août dernier, est visé par plusieurs plaintes d’anciens scouts du groupe Saint-Luc déposées depuis mai 2015. Une enquête préliminaire « pour agression sexuelle » avait été ouverte cet été par le parquet de Lyon.

Compte tenu de l’ancienneté des faits, certaines plaintes devraient être prescrites mais d’autres sont jugées recevables par la justice. Plusieurs hommes affirmant avoir été victimes du prêtre, des quadragénaires aujourd’hui, se sont rassemblés au sein d’une association, La Parole Libérée, afin de « rompre l’omerta » entourant ces faits depuis des décennies.

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Les aveux du prêtre publiés par l’association de victimes

L’association, qui a déjà recueilli une quinzaine de témoignages, vise en particulier la gestion par l’Eglise du cas de ce prêtre. Malgré un signalement fait au début des années 90 par la famille de l’une des victimes présumées au cardinal Decourtray, décédé depuis, le prêtre a continué d’exercer dans le Roannais jusqu’à sa mise à la retraite l’été dernier. Il avait ainsi été en contact pendant toutes ces années avec des enfants, auxquels il enseignait le catéchisme.

Sur son site internet, l’association a publié de nombreux témoignages de victimes, ainsi qu’une lettre du prêtre mis en cause, adressée en 1991 au père d’un des garçons qui aurait été abusé : « Je n’ai jamais nié les faits qui me sont reprochés. Ils sont pour moi une blessure profonde dans mon cœur de prêtre », peut-on lire dans ce courrier manuscrit et signé.