Lyon: La voiture a de moins en moins la cote pour se déplacer

TRANSPORTS Le sytral, organisateur des transports en commun lyonnais a mené une enquête sur les habitudes de déplacements des Lyonnais depuis 2006…

Caroline Girardon

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Embouteillages près de Lyon en juillet 2010.
Embouteillages près de Lyon en juillet 2010. — FAYOLLE PASCAL/SIPA

La voiture reine des modes de transports ? Plus vraiment. Selon une étude menée par le Sytral sur les habitudes de déplacements des résidents du Grand Lyon depuis 2006 et rendue publique en fin de semaine dernière, l’automobile a de moins en moins la cote. Son utilisation ne cesse de décroître depuis vingt ans.

Aujourd’hui, 42 % des sondés se servent de leur voiture au quotidien contre 48 % en 2006 et 52 % en 1995. La baisse est encore plus significative à Lyon intra-muros et Villeurbanne, où 26 % des déplacements s’effectuent en voiture, contre 35 % il y a dix ans.

Plus d’un tiers des déplacements se font à pied

« La voiture perd de l’importance au profit des transports en commun et de la marche », observe Séverine Asselot qui a piloté cette étude. Celle-ci est même davantage plébiscitée que les bus ou les métros. 35 % des déplacements (et même 45 % sur Lyon uniquement) se font effectivement à pied contre 19 % en transports collectifs.

Plusieurs facteurs se combinent pour expliquer cette tendance. « Les rythmes de vie ont changé. On évite désormais de multiplier les allers-retours », note Christophe Hurez du Cerem, centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement. Mais pas seulement.

Des politiques de déplacements efficaces

Le durcissement des contraintes économiques et les politiques d’aménagements et de déplacements développées depuis les années 90, n’y sont pas étrangers. « Les gens sont confrontés à des difficultés croissantes de circulation et de stationnement. Prendre sa voiture devient parfois une contrainte. En même temps, l’offre de transports en commun s’est considérablement améliorée. Par exemple, le nombre de kilomètres sur le réseau tramway a doublé en dix ans », précise Christophe Hurez.

« On voit également que l’âge de l’obtention du permis de conduire a reculé. Les jeunes sont davantage attirés par des modes de transports alternatifs comme le vélo, la trottinette, le patin à roulette ou la marche. Ils n’ont pas à se soucier de savoir où ils vont se garer », indique Séverine Asselot.

« Cette étude va désormais nous permettre d’établir les futurs plans de déplacements urbains », explique Annie Guillemot, la présidente du Sytral. Comme desservir de nouveaux territoires de l’agglomération, renforcer les lignes de transports déjà fortes ou en créer d’autres.