Violences à Moirans: Ce qu'il faut retenir suite au vaste coup de filet de ce lundi

ENQUÊTE Une vaste opération de gendarmerie a eu lieu, dès l'aube, ce lundi, à Moirans près de Grenoble, suite aux violences commises en octobre...

E.F. avec AFP

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Le 18 janvier 2016. Quinze personnes ont été interpellées ce lundi à Moirans, en Isère, suite aux violences spectaculaires perpétrées dans la commune en octobre 2015.  / AFP / PHILIPPE DESMAZES
Le 18 janvier 2016. Quinze personnes ont été interpellées ce lundi à Moirans, en Isère, suite aux violences spectaculaires perpétrées dans la commune en octobre 2015. / AFP / PHILIPPE DESMAZES — AFP

En octobre dernier, suite aux spectaculaires émeutes de Moirans, le gouvernement, accusé de laxisme, avait essuyé de vives critiques. Près de trois mois après ces violences qui avaient fait de multiples dégâts dans cette commune iséroise, sans faire de blessés, un vaste coup de filet a été opéré ce lundi matin dans cette commune et dans les villes voisines. 20 Minutes fait le point sur ce qu’il faut retenir de cette matinée d’interpellations.

  • Dans quel contexte intervient ce coup de filet ?

Cette vaste opération des forces de l’ordre fait suite aux émeutes qui ont eu lieu le 20 octobre à Moirans, commune de 8 000 habitants située à une vingtaine de kilomètres de Grenoble. Ce jour-là, une cinquantaine de gens du voyage, installés dans un campement de Moirans, s’étaient livrés à de spectaculaires violences. Ils réclamaient qu’un détenu de 24 ans, membre de la communauté, puisse assister aux obsèques de son frère, mort à bord d’une voiture volée après avoir commis un cambriolage, le week-end précédent les émeutes.

Suite au refus des autorités, les émeutiers avaient incendié une trentaine de voitures et mis à sac un restaurant et la gare de Moirans. Certains véhicules brûlés avaient également été jetés sur les voies ferroviaires, ce qui avait bloqué le trafic de plus de 120 trains pendant près de douze heures.

 

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  • Comment s’est déroulée la série d’arrestations ce lundi matin ?

Dès 6 heures, 300 gendarmes issus des escadrons de gendarmerie mobile et du groupement de l’Isère ont investi les abords du camp de gens du voyage de Moirans et une cité HLM de la ville, dans le cadre de l’information judiciaire ouverte contre X, le 12 novembre, par le parquet de Grenoble.

Ce coup de filet, piloté par la section de recherches de Grenoble et le groupement départemental, a donné lieu à quinze interpellations. Dix-sept personnes au total étaient visées par les forces de l’ordre.

« Les principaux suspects ont été arrêtés », a assuré lundi le procureur de Grenoble Jean-Yves Coquillat, indiquant que deux autres personnes étaient encore recherchées. « Une personne est déférée en ce moment même devant le juge d’instruction. Il en reste quatorze en garde à vue » a-t-il ajouté lors d’un point presse en fin d'après-midi.

Selon lui, divers objets intéressants l’enquête ont été saisis lors des perquisitions réalisées ce lundi.

 

VIDEO. Violences à Moirans : Quinze interpellations après l’opération de gendarmerie

 

  • Qui sont les personnes interpellées ?

Le procureur de la République de Grenoble a tenu lundi en fin de journée une conférence de presse aux côtés du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, attendu à Grenoble. Il n'en a pas dit davantage sur le profil des personnes interpellées. Selon les informations déjà dévoilées, une partie des suspects arrêtés à Moirans et dans les communes limitrophes de Voreppe et Vourey, ne fait pas partie de la communauté des gens du voyage.

Selon le Dauphiné Libéré, trois femmes ont été interpellées, dont la mère du détenu qui avait demandé à être extrait de prison pour assister aux obsèques de son frère.

 

  • Comment les suspects ont-ils été identifiés ?

Au moment des faits, plusieurs émeutiers avaient été photographiés ou vus alors qu’ils n’étaient pas encore cagoulés. Certains d’entre eux étaient déjà fichés, ce qui a facilité l’enquête. Pour identifier toutes les personnes impliquées dans ces violences et établir le rôle joué par chacune, les services de gendarmerie ont également exploité des images de vidéosurveillance, selon Europe 1, et des traces ADN.