Violences à Moirans: Bernard Cazeneuve attendu à Grenoble ce lundi après une série d'interpellations

ENQUÊTE Quinze personnes ont été interpellées ce lundi dans le cadre d'une vaste opération de gendarmerie menée autour d'un camp de gens du voyage...

E.F. avec AFP

— 

Des gendarmes montent la garde le 18 janvier 2016 aux abords d'un camp du voyage à Moirans, en Isère
Des gendarmes montent la garde le 18 janvier 2016 aux abords d'un camp du voyage à Moirans, en Isère — PHILIPPE DESMAZES AFP

Cinq personnes courent toujours. Ce lundi matin, quinze personnes ont été interpellées à Moirans, en Isère, autour d’un camp de gens du voyage, dans le cadre de l’enquête sur les violences qui avaient été commises en octobre dernier dans cette commune située à une vingtaine de kilomètres de Grenoble.

Au total, vingt suspects sont recherchés par les forces de l’ordre dans le cadre de cette vaste opération de gendarmerie, qui a débuté vers 6 heures ce lundi matin. Une partie des personnes ne font pas partie de la communauté des gens du voyage, selon une source judiciaire.

Des violences spectaculaires mais pas de blessés

Le 20 octobre, une cinquantaine de gens du voyage installés dans un campement de Moirans s’étaient livrés à des violences spectaculaires. Les émeutiers réclamaient alors qu’un détenu de 24 ans, membre de leur communauté, puisse assister aux obsèques de son frère de 17 ans, tué dans un accident de la route le week-end précédant les faits, à bord d’une voiture volée après avoir commis un cambriolage. La mère du détenu en question fait partie des personnes interpellées.

Manuel Valls, en déplacement à Moirans, cherche à restaurer son autorité

Les violences n’avaient fait aucun blessé mais une trentaine de voitures avaient été incendiées, certaines jetées sur les voies SNCF, interrompant ainsi la circulation de plus de 120 trains pendant une douzaine d’heures, tandis que la gare et un restaurant avaient été mis à sac.

«La justice, l'Etat sont au rendez-vous», selon Valls

Suite à cette opération, menées ce lundi par 300 gendarmes dans le cadre d’une information judiciaire ouverte contre X le 12 novembre, les auditions des suspects devraient commencer « dès que possible », selon le procureur de Grenoble Jean-Yves Coquillat. « Les perquisitions ont permis de saisir certains objets intéressant l’enquête », a-t-il poursuivi.

A lire aussi: «On ne peut pas justifier ces violences»

Lors des violences, plusieurs émeutiers avaient pu être « photographiés ou vus avant qu’ils ne soient cagoulés », selon le magistrat, ce qui a d’autant plus facilité l’enquête que « certains étaient déjà fichés ». Ces derniers mois, les gendarmes ont également exploité des éléments d’ADN, parmi d’autres moyens d’investigation pour retrouver les principaux suspects.

Suite à l'intervention des forces de l'ordre, le Premier ministre Manuel Valls a commenté ce lundi matin sur twitter cette opération. «Fermeté républicaine à Moirans. La justice, l'Etat sont au rendez-vous», a-t-il estimé. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, qui s'était rendu à Moirans au lendemain des violences, est attendu en fin de journée à Grenoble, selon la préfecture.