Lyon: Le Croiseur, salle de spectacle dédiée à la jeune création, inquiet pour son avenir

CULTURE Ce lieu de diffusion et de formation doit faire face à une baisse importante de ses subventions...  

Elisa Frisullo

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Le Croiseur, salle de diffusion et de formation de la jeune création, est menacée suite à la baisse importante de ses subventions.
Le Croiseur, salle de diffusion et de formation de la jeune création, est menacée suite à la baisse importante de ses subventions. — J.Laugier / 20 Minutes

Chaque année, une soixantaine de jeunes compagnies de théâtre et de danse s’y succèdent et une cinquantaine de futurs artistes y sont formés. Près de vingt ans après sa création, le Croiseur, salle de spectacle et centre de formation situé dans le 7e arrondissement de Lyon, se retrouve en plein naufrage, à la suite de la baisse importante de certaines de ses subventions.

La scène découvertes, née en 1997 pour offrir aux compagnies de la jeune création un lieu de répétition et de diffusion, s’est en effet vue supprimer les 37 000 euros de subventions annuelles versées jusqu’alors par la Direction régionale des Affaires culturelles Rhône-Alpes (Drac). « Cela représente 111 000 euros sur trois ans », déplore Didier Vignali, fondateur et directeur de l’établissement culturel, dont la moitié du budget de fonctionnement provient de subventions.

La Ville de Lyon, fidèle soutien

« Nous étions déjà en équilibre financier précaire. Nous ôter du jour au lendemain 37000 euros, c’est vouloir nous tuer », ajoute le directeur, qui peut toutefois compter sur le soutien de la Ville de Lyon. Faute de pouvoir augmenter le montant de son aide annuelle (50 000 euros), la municipalité de Lyon s’est engagée, selon le directeur, à accompagner le Croiseur à passer ce cap difficile. Elle pourrait notamment aider la structure à trouver des mécènes pour soutenir son activité et favoriser les passerelles entre le Croiseur et d’autres lieux culturels pour accroître sa visibilité.

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La Région, qui subventionnait jusqu’alors l’établissement à hauteur de 25 000 euros par an, ne s’est pas encore prononcée, depuis la récente élection de Laurent Wauquiez à la tête d’Auvergne Rhône-Alpes, sur le maintien de son soutien financier. « Si elle se retire également, nous subirons une perte sèche de 60 % de nos subventions », ajoute le lieu de création, qui a déjà dû déprogrammer trois compagnies à Gerland et craint de devoir se priver de la moitié de ses six salariés si la situation ne s’arrange pas.

Un appel aux dons en cours

Pour éviter de disparaître du paysage culturel lyonnais et résister, la scène découvertes a lancé en fin d’année dernière un appel aux dons sur la plateforme Leetchi. Le Croiseur a pour l’heure obtenu 2 000 euros sur les 37 000 euros espérés après le retrait de la Drac.

« Nous allons de toute façon devoir trouver d’autres solutions pour vivre que l’argent public qui sera de moins en moins important », ajoute Didier Vignali, inquiet pour l’avenir de la jeune création. « Si nous venions à disparaître, je ne sais pas quel autre lieu pourrait prendre la relève pour les soutenir ».