Stations de ski: Un début de saison calamiteux

ECONOMIE L'absence de neige et la douceur des températures ont plombé le début de saison des stations de ski qui ont vu leur fréquentation baisser de 15% à 80% par rapport à l'an dernier...

C.G. avec AFP

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Illustration du manque de neige dans les stations de ski.Sous un beau soleil, Val Thorens, plus haute station de sports d'hiver d'Europe, a ouvert samedi une partie de son domaine skiable, malgré un manque flagrant de neige naturelle.
Illustration du manque de neige dans les stations de ski.Sous un beau soleil, Val Thorens, plus haute station de sports d'hiver d'Europe, a ouvert samedi une partie de son domaine skiable, malgré un manque flagrant de neige naturelle. — Jean-Pierre Clatot afp.com

De quoi faire grise mine. L’absence de neige et la douceur des températures ont plombé le début de saison de la plupart des stations de ski. Malgré un retour du froid et des flocons, la pente s’annonce difficile à remonter.

 

Sur l’ensemble des massifs hexagonaux, la chute de fréquentation atteint -20 % par rapport à la moyenne des quatre dernières années et -14 % par rapport à l’an dernier, selon les chiffres de Domaines skiables de France (DSF), qui fédère plus de 200 opérateurs de remontées mécaniques en France.

80 % de skieurs en moins aux 7 Laux

Ces moyennes nationales cachent toutefois de fortes disparités. Beaucoup de domaines n’ont ainsi pas pu ouvrir la moindre piste, comme dans les Vosges, le Jura, le Massif central ou en Chartreuse. Même dans les Alpes, où se concentrent les plus grandes stations, la baisse d’activité n’est pas uniforme.

Aux Sept Laux (Isère), elle atteint -80 % depuis le début de la saison, soit deux millions d’euros de perte de chiffre d’affaires pour les remontées mécaniques. « Ça fait deux années de suite. C’est un peu dur », reconnaît Jean-François Genevray, directeur de la station. A La Clusaz, en Haute-Savoie, le chiffre d’affaires a chuté de 65 %.

 

Les sociétés des remontées mécaniques ont été doublement pénalisées : elles ont moins vendu de forfaits mais ont aussi dû accorder des baisses de tarifs pour cause d’ouvertures partielles.

Le pire début de saison depuis 20 ans

A Serre-Chevalier (Hautes-Alpes), les skieurs étaient ainsi moitié moins nombreux que l’an dernier, faute de pistes ouvertes. « Il faut remonter à une vingtaine d’années pour trouver une situation aussi difficile », estime Patrick Arnaud, directeur général du domaine.

Beaucoup d’entreprises se retrouvent ainsi en grandes difficultés financières : en Savoie, pas moins de 58 hôtels, restaurants, magasins de sports, domaines skiables, écoles de ski ont déposé des dossiers de demande d’indemnisation pour activité partielle du fait du manque de neige. En Isère, 31 sociétés sont concernées selon la préfecture. Et des milliers de saisonniers sont restés sur le carreau en décembre, faute d’employeur.

Les plus grandes stations, comme Val d’Isère ou Tignes, limitent la casse. Toujours en Savoie, à Val Thorens, la plus haute d’Europe, la fréquentation n’a reculé que de 2,9 %. Mais le chiffre d’affaires de l’Alpe d’Huez (Isère) a quand même baissé de 15 %.

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Désespérées par le manque de flocons, plusieurs stations n’ont d’ailleurs pas hésité à enneiger leurs pistes par hélicoptère. A Sainte-Foy-en-Tarentaise (Savoie), une centaine de tonnes de neige artificielle ont ainsi été transportées sur une piste rouge par la voie des airs.

Février pas mieux ?

Avec le retour du froid et de la neige ces derniers jours, les professionnels du ski espèrent pouvoir se remettre en piste. « On est confiant désormais », souffle Pierre Lestas, président de DSF. Mais le retard pris est tellement important que « ça ne se rattrape pas sur la saison », estime Didier Arino, du cabinet Protourisme. D’autant que, selon lui, les perspectives ne sont pas au beau fixe pour les vacances de février.