Élections régionales: Les tensions au sein du PS local expliquent-elles la défaite de Queyranne?

POLITIQUE Le candidat de gauche et président sortant de Rhône-Alpes a longtemps bataillé sans le soutien de la fédération du PS du Rhône et de Gérard Collomb...

Elisa Frisullo
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Jean-Jack Queyranne, le 6 décembre au soir du premier tour AFP PHOTO / JEFF PACHOUD
Jean-Jack Queyranne, le 6 décembre au soir du premier tour AFP PHOTO / JEFF PACHOUD — AFP

Il aura fallu attendre l’entre-deux tour pour qu’il obtienne le soutien de tous ses pairs. Dès le début de la campagne pour les Régionales en Auvergne Rhône-Alpes, le président sortant socialiste de Rhône-Alpes Jean-Jack Queyranne (35,49 % des voix à 23h30), battu ce dimanche par le candidat de la droite et du centre Laurent Wauquiez (41,05 %), ne s’est pas fait que des amis au sein de son propre parti.

Malgré sa désignation comme tête de liste pour le Parti socialiste, l’ancien ministre de 70 ans avait dû faire face, en septembre, au départ de 18 de ses colistiers, élus de la Métropole et du Nouveau Rhône, parmi lesquels l’épouse du maire de Lyon Caroline Collomb.

Collomb absent de la campagne

Boudé par la fédération du PS du Rhône, notamment pour avoir annoncé en deuxième position sur sa liste -avant de renoncer- le nom de Farida Boudaoud, exclue du Parti socialiste, Jean-Jack Queyranne n’a finalement obtenu le coup de pouce des siens qu’au lendemain du premier tour. Le 7 décembre au matin, la fédération PS du Rhône avait appelé « à barrer la route aux extrémismes, dans l’union et avec la clarté ». Il avait demandé « à tous les progressistes et [aux] humanistes » de « se rassembler derrière Jean-Jack Queyranne ».

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Le lendemain, le sénateur maire de Lyon Gérard Collomb, dont les relations avec Jean-Jack Queyranne ne sont pas des plus chaleureuses, s’était finalement fendu d’un communiqué, après un silence devenu pesant, pour appeler à soutenir le candidat socialiste.

André Gerin très critique vis-à-vis de la gauche locale

Ces tensions, cette union tardive, ont-elles joué dans la défaite de Jean-Jack Queyranne, donné battu dans le Rhône avec 30,4 % des voix contre 44,41 % pour Laurent Wauquiez ? Nul doute que, dans les prochains jours, cette question devrait animer les discussions au sein du PS local, qui, anesthésié ce dimanche par la victoire de Laurent Wauquiez, ne s’est pas fait trop entendre.

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Peu habitué à la langue de bois, l’ancien député-maire de Vénissieux André Gérin, en revanche, n’a pas tardé à réagir à l’échec du candidat socialiste. Dans un communiqué intitulé « Gérard Collomb : le coup de pied à Jean-Jack Queyranne », le député-maire honoraire de Vénissieux s’est monté très critique vis-à-vis des instances locales du PS.

« Après ce second tour des élections régionales et au vu des résultats de la région Rhône-Alpes-Auvergne, il est clair que Laurent Wauquiez peut dire merci à Gérard Collomb. En figeant la campagne électorale de Jean-Jack Queyranne, la fédération socialiste du Rhône lui a donné un sacré coup de main. En toile de fond, l’impérial Gérard Collomb a participé à cette non campagne électorale. Il a une grande part de responsabilité dans le sacrifice de la région dirigée par la gauche », s'emporte l’ancien maire communiste de Vénissieux.

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Gérard Collomb satisfait du score sur Lyon...

Suite à la victoire de la droite et du centre, Gérard Collomb a quant à lui préféré souligné ce dimanche les bons résultats enregistrés par la liste d’union menée par Queyranne sur Lyon.

« En Auvergne Rhône-Alpes, les électeurs ont choisi Laurent Wauquiez. J’en prends acte. Dans le même temps, je constate que l’action menée depuis 2001 sur la ville de Lyon, qui tend à concilier développement économique et solidarité, suscite une large adhésion des Lyonnais. Les scores réalisés par les listes d’union avoisinent en effet les 49 %. Sur la Métropole, les résultats sont aussi satisfaisants. Cela constitue pour moi un encouragement à poursuivre notre action au service des Lyonnais et des grands Lyonnais », a-t-il souligné dans un communiqué.

Une autosatisfaction qui ne devrait toutefois pas suffire à faire oublier les tensions qui ont émaillé cette campagne et risquent de laisser des traces au sein du camp socialiste.